‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 44 sur 124 · Cf. La Famille de Carvajal, se. vm · texte numérisé non relu

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juste, mais un peu trop appuyé dans Le Ciel et l'Enfer. Don a Urraca se découvre le mercredi des cendres des pudeurs inattendues; elle n'en subit pas moins le baiser et le juron qui ne lui auraient pas paru si criminels le mardi gras. Est-elle vraiment préoccupée d'avoir, par mégarde, un jour de jeûne, avalé une mouche dans son chocolat? Heureusement la mouche était très petite, et, comme le lui explique son confesseur, « les petites, qui s'engendrent dans l'eau, sont maigre, » tandis que « les grosses, qui s'engendrent dans l'air, sont gras. » Ce n'est là qu'une drôlerie, mais qui souligne spirituellement la dévotion d'un peuple chez lequel tant de légendes cléricales fleurirent pour l'enchantement d'une foi naïve.

La peinture de l'honneur est loin d'être aussi heureuse dans Le Théâtre de Clara Gazul. Aucun Espagnol n'aurait accepté le mépris que don Luis de Mendoza affecte à l'égard de la noblesse de son nom. Ce « grand de première classe » a beau avoir lu Sénèque et les anciens et se dire qu'après tout c'est le mâle qui anoblit, il parle de cette petite syllabe za, qui fait sonner si bien Mendoza en comparaison de Mendo, avec une légèreté qui sent trop son philosophe et pas assez son grand seigneur. Et comment admettre que son fils fasse inscrire dans un testament en bonne et due forme qu'il a, au mépris des préjugés, épousé la fille d'un bourreau? Don Esteban Sandoval se pique d'un point d'honneur que ne suffisent à expliquer ni son amour ni « la prévoyance de son décès. » Il parlait, au contraire, sur le ton des héros de Calderon lorsqu'il s'était engagé dans le duel qui lui a valu sa condamnation. La brusquerie avec laquelle il donnait un soufflet et tirait l'épée pour l'enfoncer dans la poitrine d'un rival rappelait assez exactement les querelles sanglantes qui éclatent dans la comedia à la première rencontre fâcheuse, au moindre propos blessant. Il n'est que juste enfin de reconnaître qu'il arrive à Mérimée d'entrer assez avant dans l'étude de cet orgueil qui est pour les héroïnes du théâtre classique espagnol comme une sorte d'honneur féminin. Le monologue dans lequel dofta Maria s'efforce de se dresser au-dessus de doila Francisca et imagine un trépas qui soit pour son amie un supplice et pour elle-même une gloire est écrit quelquefois avec des mots qu'on pourrait croire traduits du castillan '.

Aucune des réserves que nous pouvons faire aujourd'hui sur la valeur espagnole du Théâtre de Clara Gazul ne se présenta à

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