Cf. La Eslrella de Sevilla, III
de sa nièce '. C'est avec d'autres souvenirs espagnols que Victor Hugo la renouvellera, mais c'est peut-être parce que Le Cid d'Andalousie l'avait conduit à La Estrella de Scvilla qu'il a été incité à pousser plus avant ses lectures d'un théâtre dont l'éclat original devait lui paraître autrement brillant que les pâles reflets qu'il en avait d'abord ^dmirés chez ses timides imitateurs.
La documentation espagnole d'Hernani a été à peu près exclusivement tirée de deux sources, de la comedia et du romancero. Comment Victor Hugo les a-t-il mises à profit?
Il est facile de relever un assez grand nombre de détails inexacts. Victor Hugo est loin d'être toujours heureux dans le choix des noms qu'il donne à ses personnages. Il pouvait justifier dona Sol par le souvenir d'une des filles du Cid. Si son héros s'appelle comme un bourg dont le nom sonore avait frappé son imagination d'enfant, qui donc s'en étonnerait? Il n'y a à peu près rien à dire non plus contre Ricardo de Roxas ou Guzman de Lara, ni contre Sancho de Zuniga à la condition d'écrire Zùniga. Victor Hugo avait sans doute emprunté ces personnages à la liste citée par Lope dans El Anzuelo de Fenisa (I, 6). Don Galceran de Silva lui fut probablement suggéré par le Garceran de Molina du Tisserand de Ségovie, et s'il le proclame « l'autre Cid », c'est en souvenir de la tragédie de Lebrun. Il est plus difficile d'accepter Tellez Giron. Victor Hugo l'avait rencontré dans la traduétion ou dans le texte de Fiiente Ovcjuna de Lope de Vega.