Victor Ilugo avant 1830, Paris, 1883, p
Espaha de Alaya. Espérons qu'il n'a pas perdu trop de temps à les chercher, bien que le passage en fût soigneusement indiqué. Pour mieux authentifier sa chronique, Victor Hugo la distribuait, en effet, en « descansos «comme La vie di l'écuyer Marcos Obregon. C'est au descanso 24 qu'il plaçait la citation qui devait confondre les classiques dont l'impertinence s'irriterait de voir peindre Charles-Quint sous les traits de don Carlos. Il fallait toute la malice d'un picaro pour l'y dénicher.
L'impression qui se dégage de la lecture d'Hernani ne laisse pas d'être un peu trouble. Trop d'éléments divers s'y rencontrent, et dont la fusion n'est pas toujours parfaite. Pour ne plus rien dire de ceux qui sont contraires au sentiment espagnol, il n'était pas facile de mettre de l'harmonie dans la variété des couleurs empruntées les unes aux littératures septentrionales, les autres au théâtre et au milieu contemporains. Il arrive à Victor Hugo de mieux marquer chez son Hernani la déclamation humanitaire d'un carbonaro de la Restauration que « l'âpreté sauvage du montagnard mêlée à la fierté native du grand d'Espagne K » Les suggestions mêmes qui lui viennent du romancero ou de la comedia se transforment plus d'une fois en une musique qui ne supporterait guère l'accompagnement de la guitare. Mais quel est le drame historique qui résisterait à l'analyse d'un historien? Quelque fantaisie et quelque invraisemblance qu'on puisse relever dans l'Espagne d'Hernani, la pièce est tout de même plus espagnole que La Sorcière de M. Sardou ou que La Vierge d'Avila de M. Catulle Mendès.
Quoi qu'en dise Menéndez y Pelayo, les personnages qui s'y agitent ne sont pas des caricatures qui seraient tout aussi bien à leur place en Turquie '. Le cadre où ils se trouvent est le seul qui leur convienne. Des lectures qu'il a faites du romancero et de la comedia Victor Hugo a tiré pour la mise en scène et pour le dialogue des indications qui sont loin de correspondre toutes à la date précise qu'il donne à son drame, mais qui interdisent de le situer en un autre pays. Il est parfaitement injuste de proclamer la supériorité de la tragédie classique dans la peinture d'un milieu historique sous le prétexte qu'ignorant la couleur locale, elle ne risque point de tomber dans les inexactitudes qui s'entassent dans les plus illustres drames romantiques. Brifaut avait écrit