‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 6 sur 124 · Historia de las ideas estéticas en Espana, t. IV · texte numérisé non relu

Historia de las ideas estéticas en Espana, t. IV

2. Cf. Loret annonçant dans sa Muse historique du 14 février 1665 Le Festin de pierre :

n est fin, à son ordinaire, Et d'un singulier caractère.

3. On en trouvera le détail dans un livre qu'on m'excusera de citer encore pour n'avoir pas à me répéter. Voir, en particulier, les chapitres ii et iv de La Comedia

spagnole en France de Hardy à Racine.

légère et superficielle, et quel que fût son effort pour donner à son cadre et à ses personnages une couleur plus française et plus humaine, tout n'avait pas disparu du pittoresque d'Alarcon et de Lope de Vega. Dans les malices gauloises de Cliton on entendait l'écho des railleries du « gracioso. » Loin de choquer nos romantiques, ces bouffonneries les ravissaient, quand elles éclatent à propos des plus délicates générosités. Corneille finit par s'apercevoir que les « beaux sentiments et les beaux vers » de sa Suite paraissaient déplacés à côté des « badinages » de Lyse et de son amoureux. Pour ceux qui voudront faire « gambader Sganarelle autour de don Juan et ramper Méphistophélès autour de Faust \ » la contradiction qu'il relevait entre le ton « trop sérieux » et le sujet de sa « pièce si enjouée » passera pour un des plus heureux efforts de son art.

C'est ce mélange, où l'Espagne transparaissait, que nos romantiques applaudiront dans l'œuvre de ceux qu'ils affecteront d'arracher à un injuste oubli. Rien de plus significatif, à ce propos, que le titre du livre dans lequel Gautier réhabilite ces poetae minores. S'il les appelle « les grotesques, » c'est que dans leur œuvre il voit comme une ébauche de la forme d'art dont la Préface de Cromwell proclame le nécessaire avènement. Sur les ruines du faux tragique, il élève le trône de ce pauvre diable de Scarron. Le burlesque avait été en Espagne la satire d'un travers national; il y avait fleuri au moment où un peuple en décadence voyait ses gestes farouchement héroïques se transformer en une caricature outrée par la violence du contraste entre son rêve et la réalité. Scarron avait essayé d'en faire le grossissement de l'esprit gaulois, et sa vogue avait été grande sur un théâtre qui avait abusé des grands mots sonores pour exprimer les héroïsmes les plus bizarres. Sous sa forme originale comme sous sa forme française, ce burlesque différait profondément du grotesque tel que le définira Victor Hugo, mais nous aurons à montrer qu'il en a été le point de départ. Vouloir, comme le recommandera la théorie romantique, ajouter Scarron à Pierre Corneille, ne sera-ce pas, dans une certaine mesure, unir la comedia ironique de Francisco de Rojas ou de Castillo Solôrzano à la comedia héroïque de Lope de Vega ou de Guillen de Castro?

Cette union s'annonçait déjà'^au xvii^ siècle dans plus d'une scène tragi-comique. Plus d'une fois, il semble qu'on entende

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