‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 65 sur 124 · Cf. Don Gil de las calzas verdes. Cf. I · texte numérisé non relu

Cf. Don Gil de las calzas verdes. Cf. I

ê Don Gil ?

( Marido de villaucico ?

j Gil! Jésus! no me le nombres :

Ponle un cayado y pellico.

l Quien creyo Que un don fuera guarnicion De un Gil, que siendo zagal Ânda rompiendo sayal De villancico en cancion?

3. Cf. El inayorazgo figura de don Alonso de Castillo Solorzano.

Il a surtout cherché pour le personnage qui allait tenir l'aflache un

nom sonore et facile à retenir.

Ce personnage ne pouvait être tiré de l'histoire. Encore fallait-il qu'il s'accommodât avec elle. Plus d'un exemple fameux justifiait cette création. Pour ne rien dire du plus connu, de ce Godoy qui commença comme simple garde du corps à faire le chemin que l'on sait dans la faveur de Charles IV et de Marie- Louise, n'était-ce pas assez d'un Fernando de Valenzuela pour donner au rôle de Ruy Blas toute la vraisemblance nécessaire? Un joli page de petite noblesse qui devient l'amant de Marie- Anne d'Autriche et qui, avant de connaître l'amertume de l'exil, obtient la grandesse et régit quelque temps le royaume, voilà bien une fortune qui rend moins étrange celle que don Manuel Arias ne s'explique pas sans « quelque mystère '. » Il est même plus naturel de voir en six mois « monter jusqu'au sommet » un ministre qu'on croit « de grande race, en somme. » Il est moins naturel que sa vertu soit plus haute encore que sa situation. Mais le nouveau « duc d'Olmedo «n'est pas le cousin de ces aventuriers qui ne demandaient leur succès qu'à l'intrigue, et ne recherchaient le pouvoir que pour la satisfaction de leurs intérêts ou de leur ambition. Il a hérité du don Sanche d'Aragon de Corneille la générosité de son âme, et si le système dramatique de Victor Hugo lui refuse la noblesse du sang, il n'en accuse que mieux la grandeur royale de son génie et la pureté de son zèle patriotique. Assurément on a peine à concevoir un tel caractère dans un tel poste, et ce n'est certainement pas sous ces traits que nous nous représentons les favoris des rois ou des renies d'Espagne. Par le contraste même de ses origines et de sa destinée, de sa \ie et de ses rêves, Ruy Blas nous apparaît surtout comme le modèle du héros romantique; mais, s'il a été conçu avant tout pour faire battre sous une livrée le cœur le plus noble et l'opposer dans sa générosité naturelle à l'âme monstrueuse d'un grand seigneur, la « machine effroyable » qui doit le briser sous sa roue n'aurait pas pu être montée aussi aisément en un autre temps et dans un autre pays.

Celui qui l'a imaginé joue le rôle et prend plus d'une fois le ton du traître de mélodrame. Est-ce à dire que don Salluste n'a rien d'un Bazan? Mais son culte forcené de la vengeance n'est-il pas une forme espagnole de la religion de l'honneur? La comedia

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