‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 68 sur 124 · Cf. op. cit., p · texte numérisé non relu

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4. Cf. dans la Rdacion primera de la vida del Escudero Marcos de Ohre^on. (Descanso primcro) la réplique de don Fernando de Toledo au picaro qui vient de lui donner le surnom que lui ont valu ses discrelisinias travesuras. ' Dijo don Fernando muerlo de risa : Ilarta lionra me haces, pues me tieuespor cabezade tau honrada profesioncomola tuya.»

sans doute pas dans l'histoire qu'il a trouvé ce cousin de don Salluste qu'il chargeait de représenter une moitié de la noblesse espagnole à la fin du xvii^ siècle. L'avait-il conçu en lisant cette Jitanilla de Madrid qui lui inspirera son Esméralda? Il est probable, en tout cas, que les réflexions de La Beaumelle dans sa Notice sur Louis Pérez de Galice ' lui ont donné une solide confiance dans la valeur symbolique comme aussi dans la vraisemblance d'un tel personnage. « Le brigandage, écrivait La Beaumelle, ou la résistance aux lois à force ouverte, n'est pas considéré en Espagne du même œil qu'ailleurs. Non seulement le courage n'y perd pas, dans ce métier, le droit qu'il a d'attirer l'admiration, même dans le scélérat condamné au dernier supplice, mais encore l'idée des dangers affrontés diminue singulièrement celle de la culpabilité des actes répréhensibles..,. Aussi ce que d'Aubigné appela la transsubstantiation de soldats en voleurs fut-elle plus aisée en Espagne que dans tout autre pays -. » Louis Pérez de Galice, dont La Beaumelle cherche ainsi à expliquer le « beau caractère, » n'est pas, en effet, un brigand ordinaire. Les circonstances ont fait de lui un voleur de grand chemin; elles ne l'ont pas plus dépouillé de son désintéressement que de ses vertus héroïques. Un paysan lui donne sa bourse pour sauver sa vie, et il regrette un argent dont il ne tardera pas à sentir le besoin. « Si vous pouviez le défendre, lui demande Louis, vous ne le donneriez pas? — Non certes, répond le paysan. — Eh bien, réplique l'étrange bandit, reprenez votre sac; il ne sera pas dit que Louis Pérez ait volé personne. Il m'importe peu qu'on sache que, dans la misère où je me trouve, j'ai accepté ce qu'on m'a donné, mais il m'importe qu'on ne prétende pas que je l'ai pris avec violence. Prenez votre argent, vous dis-je, et Dieu vous conduise! » Ce ton et ce geste seraient-ils déplacés chez «ce bohémien? ce galeux? ce bandit? ce Zafari ^? »

N'est-elle pas aussi très espagnole, la figure « chevaleresque et gravement bouffonne » de don Guritan? Victor Hugo qui le définit ainsi voulait en faire une sorte de don Quichotte attardé. Sa galanterie platonique et jalouse n'est point indigne, en effet,

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