‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 82 sur 124 · Cf. acte II, se. x, et acte I, se. vu · texte numérisé non relu

Cf. acte II, se. x, et acte I, se. vu

3. Cf. acte II, deuxième tableau, scène première. Dumas s'eflorce d'y donner une forme dramatique au conte du génie et des trois souhaits.

à refaire la scène de la folie d'Ophélie *. Si ce n'est pas Byron et son Ciel et terre qui lui fournissent directement l'idée de l'amour du bon ange qui pour don Juan se condamne à l'humanité en entrant dans le corps de sœur Marthe, comment n'y pas retrouver la trace d'Eloal C'est aussi le titre de « mystère » qu'à l'exemple de Vigny il donne à sa pièce.

S'il a recours à des sources d'inspiration si diverses, c'est pour mieux satisfaire sa tendance naturelle vers le mélodrame. Ce qu'il demande aux Uttératures du Nord ou du Midi, ce sont des péripéties de plus en plus effrayantes, c'est une forme toujours plus étonnante de fantasmagorie. Il ne recule devant aucune exagération ni dans les situations où il place ses personnages, ni dans le dialogue qu'il leur prête. Il s'abandonne avec frénésie à toutes les violences de la phraséologie romantique. Quand il ne le compare pas aux tempêtes de l'Océan, don Juan reconnaît dans son amour « le masque de la volupté sur le visage de la mort. » Hé ite-t-il une seconde à assouvir ses instincts, il frappe avec fureur sa « poitrine de lion où bat un cœur de femme. » Les scènes que Dumas emprunte aux œuvres dont se réclame la nouvelle école se prêtent sans effort à des effets mélodramatiques, et celles qu'il imagine, comme le meurtre de dom Mortes, sont les plus propres du monde à répandre la terreur sur un public populaire. Mais c'est surtout dans le fantastique qu'il cherche son tr:omphe. h' auto sacramental avait tiré en Espagne de puissants et poétiques effets des abstractions théologiques qu'il réalisait; il ne les mêlait pas cependant à des intrigues et à des personnages qui l'auraient dépouillé de son caractère spécial et auraient fa\issé son harmonie. Le fantastique dans Don Juan de Marana est, au contraire, plaqué sans mesure et sans goût, et, sous quelque forme qu'il soit présenté, ce n'est pas par des qualités de style qu'il se justifie et se relève. Le Mauvais Ange ne s'exprime pas mieux en vers qu'en prose. Mais qu'importe à Dumas, si, grâce à cette intervention, il peut nous montrer un fils obtenant une signature de la main de son père étendu sur sa tombe? Les paroles ne sont même pas nécessaires pour les effets qu'il recherche. Dans la grande scène de l'Eglise, le rôle le plus important est donné au machiniste. N'estce pas lui qui permet à la lampe du tabernacle et aux cirges de s'allumer et de s'éteindre tout seuls, à mesure que les victimes de don Juan soulèvent leur dalle ou rentrent en terre? Dans un

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