‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 86 sur 124 · Cf. La Vierge de Tolède · texte numérisé non relu

Cf. La Vierge de Tolède

à Ecija, on lui montre saint Christophe sur son pilier de granit, et devant ce géant qui succombe sous le poids d'un petit enfant, il songe à la puissance du verbe qui fait pUer l'airain ; et il proclame la souveraineté de l'esprit ^ Ainsi, devant Jéricho qui s'écroule, "Victor Hugo fait sonner les clairons de la pensée.

Théophile Gautier se rapproche davantage de l'Espagne quand, au Ueu de la faire entrer dans le cadre du symbolisme romantique, il cherche à lui emprunter quelques-unes de ses formes poétiques. La pièce qu'il intitule Letrilla ne se conforme pas, il est vrai, aux règles du genre spécial qu'ont si spirituellement illustré Gôngora et Quevedo, Iglesias et Meléndez. Elle n'est point construite sur une pensée piquante qui se répète à chaque strophe. Elle ne mérite son titre que si on la considère comme une de ces frêles compositions en petits vers qui réclament un accompagnement musical. Peut-être rappelle-t-elle plutôt quelque « dolora » de Campoamor, mais elle ne fait entendre aucune fausse note sur la terre qui l'inspira.

C'est aussi pour être chantée et même dansée que fut composée la Séguidille de Gautier. La verve de Breton de los Herreros s'est exercée à ses dépens-, et il faut bien reconnaître que depuis le jour où pour la première fois, on a représenté Un voyage en Espagne^, la chanson de « la véritable Manola » n'a pas cessé de

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