CHAPITRE IV
L’architecture de Ja Renaissance aux Pays-Bas durant la période italo-flamande, 1550-1C00.
Nous abordons actuellement la partie de ce travail à la fois la plus alla- b lillanle période
* 1 artistique
chante et la plus digne d’être étudiée au point de vue de l’histoire de l’art aux auxPays-Bas- Pays-Bas.
Si les quarante années de guerres civiles et de dissensions religieuses, nées de l’introduction des doctrines de la Réforme ne venaient pas jeter un crêpe funèbre sur cette brillante période de l’École flamande qui commença avec le règne de Philippe II et alla jusqu’à la guerre de la Succession, jamais, à part l’Italie, aucune nation n’aurait compté tant de gloire artistique en l’espace d’un siècle et demi.
Nous avouons avoir écrit ce chapitre et ceux qui le suivent immédiatement avec l’enthousiasme d’un véritable amour filial uni à un juste sentiment de fierté flamande. Dès la seconde moitié de XVIe siècle, le grand souffle inspirateur du Cinque-cento italien envahit les Pays-Bas, illumina notre école et fit déborder dans toutes les œuvres artistiques des torrents de sève. Dès lors, la verve inépuisable du génie d’une pléiade de maîtres crée à l’envi des compositions originales sur le magnifique thème inspiré des formes harmonieuses de l’antiquité.
Jamais, depuis l’époque ogivale, l’art architectural ne revêtit aux Pays- Qualités originales Bas une si incontestable originalité et des qualités si puissantes qu’à partir du archilecturai flamand milieu du XVIe siècle jusqu’au second tiers du XVIIe.
Si notre moderne école d’architecture, au lieu de se traîner sottement à la remorque de la mode parisienne, voulait, comme l’entreprit après 1830 notre école de peinture, se retremper aux grandes traditions de l’art flamand;
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Les chefs d’école :
Floris el
Vredeman De Vries.
Lambert van Noort. etc.
Hans van der Straeten (Stradanus).
c’est dans l’étude approfondie des oeuvres de Vredeman De Vries et de Rubens, et dans la combinaison de leurs génies décoratifs qu’elle pourrait rencontrer les éléments nécessaires à la résurrection et à l’épanouissement de l’architecture néo-flamande au XIXe siècle, du style léopold ii.
Nous avons vu que, dans quelques-uns des Arcs de triomphe élevés à Anvers à l’occasion de la Joyeuse Entrée de l’infant Philippe, Pierre Coecke s’était affranchi de l’imitation servile du genre italien et avait su réveiller la monotonie des compositions classiques imitées de Serlio par les motifs indigènes éclos de son facile el plantureux crayon.
A Coecke revient l’honneur d’avoir intronisé aux Pays-Bas les premiers exemples de style italo-flamand, dont les « compartiments » devinrent par excellence la note caractéristique el figurative.
Ce genre fit fureur jusqu’à l’avénement du style « Rubenien » et il compta parmi ses adeptes des maîtres de génie comme Corneille Floris et son digne émule Hans Vredeman De Vries.
Ces deux artistes furent véritablement des chefs d’école; à leurs côtés viennent se ranger toute une légion d’artistes. Citons d’abord Lambert van Noort d’Amersfoort, le père du maître de Rubens que Guicciardin qualifie « Pitlore et architettore grande » Jacques van Berghen, Antoine Mockaert, Jean de îîeere, Thomas Voor, Guillaume Paludanus, tous « escholiers de Vitruvius » dont Vredeman De Vries ne parlait qu’avec estime et citait les noms avec éloge dans ses livres d’architecture.
Après eux, mentionnons Théodore de Bry, Corneille Bus ou Bos, Pierre de Mirycinis, Henri de Pas, l’architecte de la Bourse de Londres, Crispin de Pas, l’auteur de la « Bouticque de Menuiserie, » digne émule du Frison dans ses meubles si décoratifs de la Renaissance flamande. Puis viennent les sculpteurs Hans de Noie, Mathieu Maliens, Pierre le Poyvre, Henri Morris et Abraham Hideux. Puis encore Jean Gilgho, l’auteur de la colonne de Culenbourg, et Paul Luydincx qui dirigea la construction et plus tard la restauration de l’hôtel de ville d’Anvers.
Accordons un rang distingué à Hans van der Straten (Stradanus), né à Bruges en 1530, qui traduisit d’un crayon gouailleur dans ses Nova reperta l’éloge du bois de Gaïac d’Ulrich von Hutten; fit de nombreux cartons pour
SUR L’ARCHITECTURE DANS LES PAYS-BAS
YArazzeria Medicea, travailla avec Vasari et mourut le 3 novembre 1605, laissant deux fils, artistes médiocres. Sadeleer a gravé la grande fontaine érigée d’après ses dessins sur l’une des places de Florence; Ph. Galle reproduisit sur cuivre en 1576 ses peintures de la villa Cajano.
Notons spécialement Conrad de Nurenberg, l’auteur de jubé de Bois-le- Duc, les frères Wouter et Dirck Crabbelh, Lambert van Oorl et Joachim Uytewael, auteurs des vitraux de Gouda. Joignons-y encore les maîtres graveurs Jacques Floris, Théodore Galle, Hondius père et fils, Clément Perret,
Pierre van der Borcht, Collaert, Miricenys et Adrien de SMlubert.
A cette brillante série d’artistes, ajoutons enfin Olho Vœnius, le dernier des maîtres italo-flamands de la première période dont nous allons essayer de mettre en lumière les tendances, le talent et les œuvres architecturales. Si le professeur de Rubens vit clore avec lui la liste des virtuosi commencée à Pierre d’Alost, il eut la satisfaction d’avoir eu pour élève le promoteur de la nouvelle école architecturale qui fleurit glorieusement aux Pays-Bas pendant plus d’un siècle.
La première mention parmi les architectes de l’époque ilalo -flamande comeiiie De v. appartient si incontestablement à Vredeman De Yries que l’idée d’attribuer cette priorité à un autre ne nous serait pas même venue à l’esprit si dans son Livre des ordres il n’avait décerné lui-même la palme de l’architecture aux Pays-Bas à « maître Corneille Floris à Liège, » en le déclarant « au-dessus de tous les artistes de son temps » ( super alif).
Nous conserverons donc au maître anversois le rang que lui décernait, avec tant de désintéressement et de modestie, un rival qui lui-même était un grand architecte.
Corneille De Vriendt, surnommé Floris (à cause du nom de son grandpère Floris De Vriendt, juré du métier des « Quatre couronnés, » en 1476), naquit à Anvers, en 1518; il était fils du tailleur de pierres et architecte Corneille Floris le vieux et de Marguerite Goos, frère de Jacques, ornemaniste-graveur et artiste verrier, de Jean le peintre céramiste, cité par Vasari, et de Frans le Nederlandsche Raphaël. Il fut ainsi que son frère disciple de Lambert Lombard, fit le voyage d’Italie, y étudia la sculpture et l’architeclure, et appliqua plus larda l’étage supérieur de l’Hôtel de ville d’Anvers les
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Loggia ou portiques ouverts qu’il avait admirées aux palais de Rome, de Florence, de Gènes et aux casins des bords delà Brenta.
Atelier de Frans Floris En 1563, Corneille Floris fournit les plans de la maison et de l’atelier
a Anvers. IJitiS. 1
de son frère Frans, à Anvers. Celte construction, qui a malheureusement perdu son caractère et son ornementation, existe encore rue d’Arenberg; eüe servit fort longtemps de Loge maçonnique. Frans Floris, au dire de van Mander, engagea dans cette construction tout son avoir, le prix de sa vieille propriété, place de Meir (qu’il avait vendue pour plaire à sa femme) et finalement un dépôt de cinq mille florins qu’il avait chez le banquier Schets.
On doit à messire Jean-Baptiste délia Faille, bourgmestre d’Anvers, en 1689, la conservation d’un dessin de ce spécimen remarquable de l’art itaio-Oamand de la seconde moitié du XVIe siècle. Il mérite d’être étudié en détail au point de vue des prédilections italiennes de la lignée artistique des De Vriendt.
La masse de l’habitation se composait d’un rez-de-chaussée et d’un bel étage. Le rez-de-chaussée était couronné d’un entablement, d’ordre dorique mululaire; le porche principal en avant-corps, seul décoré de deux colonnes répondant à des pilastres, n’était pas placé au milieu de la façade; celle dernière comptait trois niches à gauche et quatre à droite. Le rez-dechaussée était percé de deux autres portes accessoires, l’une cochère, cintrée et à corniche se voyait à droite, celle de gauche n’était qu’un simple guichet. Des fenêtres grillées et des lucarnes occupaient les trumeaux d’intervalle des portes.
Sous l’architrave de l’entablement, décoré detriglyphes, se voyaient quatre médaillons en œil-de-bœuf réunis par des festons de fleurs et de fruits rattachés à des mufles de lion ; toute cette décoration était peinte.
L’avant-corps à porche qui ne formait pas balcon était décoré de deux socles portant des vases; à droite de cette principale porte de l’habitation, on remarquait le traditionnel et hospitalier banc de pierre à l’usage des passants.
Le bel étage était d’ordre ionique antique quant aux chapiteaux; mais la corniche à modifions était empruntée aux entablements de Palladio etScamozzi. Sept pilastres, accompagnés d’autant de niches peintes, ornées de statues allégoriques, présentaient une singulière licence. Ces pilastres soutenant
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l’enlabîement s’étendaient pour présenter sous le chapiteau élargi , conservant ses volutes aux angles, un champ ou méplat suffisant pour y pratiquer deux fenêtres doubles à croisées de pierres et trois fenêtres simples en rectangle allongé.
Ces fenêtres étaient fermées, dans leur partie inférieure, par des volets à penlures apparentes. De celte singulière combinaison, il résultait qu’il n’y avait véritablement que les pilastres d’angle de la façade qui eussent les proportions modulaires exigées par Vitruve et ses continuateurs.
La fenêtre ouvrant sur le balcon avait été murée à dessein : Frans Floris y peignit un grand panneau encadré où il se représenta lui-même, dans son atelier, entouré des personnifications mythologiques des beaux-arts. Dans les niches , il avait placé les emblèmes des qualités et des connaissances nécessaires au véritable artiste; l’Assiduité, la Pratique, la Poésie, l’Architecture, l’Activité, l’Expérience et l’Industrie. Une plaque de marbre, portant inscription, était placée au-dessous de chaque niche. Tout l’espace compris entre les niches et les fenêtres semblait maçonné en « appareil réticulé » à la Romaine, comme les murs du Palais de Tibère sur le Palatin.
Aidé, sans doute, de son inséparable ami, Ryckaerl-meller-Stclten, qui partageait ses prédilections et n’avait point de rival pour les nus, Floris réussit à ordonner sa demeure flamande dans le goût hispano-italien. Il introduisit le premier, dans sa ville natale, les sgraffiti niellés et la décoration peinte de la Via Maggia et du Borgo San Crocc, à Florence; l’architecture simulée et les bas-reliefs en trompe-l’œil des casas de Tolède et de Grenade. Les fresques du palazzo Spada (. Piazza Capo di ferro, à Rome) présentent des niches peintes identiques à celles de la façade de la Floris strael. Les peintures en grisaille du palais Via Giulia,, également à Rome, rappellent tout à fait l’aspect pittoresque de la demeure du peintre anversois.
On ne sait quels procédés avait employés Floris; dans tous les cas, celte peinture se maintint plus d’un siècle bien qu’exposée aux brises salines du voisinage de la mer du Nord. Frans Floris laissa deux fils peintres, Jean- Baptiste, assassiné à Bruxelles par les Espagnols, et Frans, qui s’établit à Rome et y conquit une juste renommée. Il mourut à Anvers, le 1er octobre 1570, et fut enterré, trois jours plus tard, au cimetière des Récollets.
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Hôtel de ville d’Anvers. Le principal titre de gloire de Corneille Floris reste sans contredit la
Maison des Oosterlin- construction de l’Hôtel de ville d’Anvers, avec la Maison des Oosterlinaen
gen. 1505 1568. 7 °
(5 niai 1565-1568), le plus considérable de nos monuments civils construits dans le style de la Renaissance. La première pierre en fut posée le 27 février 1561; l’édifice était entièrement achevé en 1565, et ce fut Paul Luydincx qui en dirigea la construction. Ces deux édifices furent exécutés pendant la période relativement prospère du règne de Philippe II qui commence à la paix de Cateau-Cambrésis et finit aux ravages des Gueux.
L’œuvre architecturale, due à la collaboration de Floris et de Luydincx, présente un rectangle isolé, pourvu d’un avant-corps très-saillant à la face regardant le Marché. Les deux ailes de la façade, à côté de l’avant-corps, sont assez simples, et se composent (à partir d’un soubassement travaillé en rustiques et pointes de diamant, percé de neuf arcades à claveaux et clés saillantes) d’une double ordonnance dorique mutulaire et ionique, à modillons du genre Palladio, et par-dessus, d’un atlique en retrait, formant jusqu’au nu de la façade, un portique ouvert ou Loggia.
Les pilastres composites à consoles, qui soutiennent l’entablement sous les chéneaux de la toiture, rappellent un motif fort usité aux portiques espagnols construits en style mudejar, et particulièrement au Patio de la Casa de los Mirandas, à Rurgos, dont il a déjà été question dans ce travail.
L’entablement qui couronne cette Loggia est décoré de corbeaux trèssaillants supportant l’avancée du toit et formant presque auvent,
La partie centrale en avant-corps est de loin la plus intéressante, et par l’heureux mélange des pierres blanches et bleues, du marbre rouge veiné, des dorures et des polychromies héraldiques, elle possède un incontestable cachet d’originalité et d’attrayantes qualités pittoresques.
Au-dessus du soubassement rustique s’étayent successivement les cinq ordres d’architecture, terminés par un ordre de Télamons ou Caryatides. Le premier et le deuxième étage, offrent les ordres dorique mutulaire et ionique à niodillons-consoles. Trois fenêtres semi-circulaires, avec archivolte et clé, accompagnent des colonnes accouplées encadrant des niches en cul-de-four, sous le prolongement de l’imposte et des tables d’architecture au-dessus. Le stylobale rcssautant au droit de chaque colonne pour former piédestal.
comme aux arènes de Nîmes, est évidé sous les fenêtres et garni de baluslres.
Le troisième étage n’a point de croisées : il présente un avant-corps enfermé, de chaque côté, par deux colonnes corinthiennes encadrant des niches surmontées de médaillons. Le champ quadrangulaire formé par renlre-colonnemenl central est décoré des armoiries pleines de l’Espagne entourées du collier de la Toison d’or. Les deux trumeaux formant l’extrémité de la façade de cet étage n’ont point de colonnes engagées comme aux étages inférieurs; le champ-parois tout uni est décoré à droite d’un écu aux armes du duché de Brabant et à gauche d’un autre écu portant le château et les mains coupées des emblèmes d’Anvers au chef cousu de l’Empire. Entre ces trumeaux décorés d’armoiries et les colonnes, aux deux côtés du champ quadrangulaire, se voient deux grandes niches abritrant, à droite, la figure de la Justice, à gauche, celle de la Prudence; l’entablement est pourvu de modifions.
Au-dessus de celte ordonnance corinthienne commence un gable ou pignon flamand divisé en deux étages. L’étage inférieur, d’ordre composite, présente au centre une logelte encadrée d’un chambranle en archivolte, renfermant jadis une statue d’Antigon coupe-mains, de nos jours une Vierge portée sur le croissant. Aux deux côtés de ce motif et enfermées par des colonnes engagées, se voient deux niches plus petites surmontées d’un oculus ou médaillon.
La différence de largeur de cette ordonnance avec celle qui lui est immédiatement inférieure est rachetée par les figures d’un Centaure et d’un Triton, armées de massues. Les angles extrêmes sont terminés par de petits dés surmontés d’un obélisque en pyramide quadrangulaire portant un amortissement en forme de globe. Ces monolithes « pharaoniques » sont une réminiscence trop évidente de ceux dont Sansovino couronna, en 1536, la balustrade de la vieille Bibliothèque de SLMarc à Venise pour que nous ne relevions pas spécialement son origine italienne.
Le dernier étage, formant l’angle aigu du gable, se compose d’un simple portique d’ordre « caryate, » dont l’archivolte encadre une fenêtre pleine à sa partie semi-circulaire, divisée sous l’imposte en deux compartiments par
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un montant de pierre; l’arcade est fermée à sa partie inférieure par un rang de balustres. Le type de ces Télamons rappelle les compositions du livre des « Termes ou Athlantides » de Vredeman, publié chez Gérard de Jode et dont nous parlerons plus loin.
L’angle, resté béant par le retrait de cette ordonnance sur celle qui lui est immédiatement inférieure, est racheté par deux griffons ailés en ronde-bosse. Le dernier édicule est surmonté d’un fronton, sur le tympan duquel on lisait la date de 1565, inscrite sur un cartouche flamand, de forme ovale allongée.
L’acrotère en amortissement du fronton est terminé par l’aigle de l’Empire, au vol éployé : figure héraldique qui se répète encore aux deux extrémités de la toiture, laquelle est percée de quatorze lucarnes aux volets dorés comme à l’Hôtel de ville d’Audenarde. Les tuyaux de cheminée étaient décorés à leur sortie du toit. Toutes les colonnes de ces quatre étages, ainsi que les obélisques, sont en marbre de couleur. Guicciardin, dans sa Description des Pays-Bas , publiée deux ans après l’achèvement de l’édifice, en donne une eau-forte par Martin Peelers (. Martinus Pelrus in insigni aurei frontis prope nova borsam ). Nous y remarquons deux Campaniles à toitures pyriformes qui ont disparu de nos jours. L’auteur italien ne marchande pas son admiration pour celte œuvre d’architecture flamande pas plus qu’il ne passe sous silence la Maison des Ooslerlingen : « Ma sopra tutti quesli edi- » ficij sara grande, bello et magnifico il fondaco de gli Ostarlini, posto » nobilmenle fra due canali nella nuova villa, il quale mentre che io finiva >> il mio volume, edificava gagliardamenle con degnissima mostra e appa- » renza. In somma non ci mancava allro, che mi palazzo per la Signoria, » convenante a tenta Republica, e corrispondenle aile altre parti, il quale » hanno fato poi suntuosissimo, capace, e degno, talche lutto computato » costera presso a cenlo mila scudi. »
nutations de l'œuvre Le mérite d’une telle conception devait faire école, aussi fut-elle imitée
i» Hôtci de viiie de aux Hôtels de ville de Flessingue (1594) et de Leijden (1599), sur une joindre echelle et avec quelques changements que nous ferons ressortir, l’auweis Moreeise En "1594, après la démolition du couvent des Carmes, le magistrat de i57i"ei65s. Flessingue fil construire un nouvel Hôtel de ville, par l’architecte Pauwels Moreelse d’Utrecht, jeune artiste de talent, qui venait d’accomplir le pèle-
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rinage d’Ilalie et qui mérita encore une certaine réputation comme portraitiste. L’ensemble de cette composition, et surtout le frontispice, témoignent d’une intention formelle de reproduire les lignes et les motifs principaux de l’œuvre de Corneille De Vriendl. Signalons cependant l’absence de la Loggia et l’heureuse idée de Moreelse de terminer son édifice par deux empâtements décorés de niches, qui soutiennent mieux les angles du bâtiment que le simple et maigre pilastre en retour d’équerre des grandes ailes de l’Hôtel de ville d’Anvers. Par cette intelligente correction, Moreels rachète les emprunts, un peu criards, mais probablement obligés faits à l’œuvre de l’architecte anversois.
Moins étendu que l’édifice qui lui a servi de type, il ne comptait que cinq fenêtres aux deux côtés de l’avant-corps. Le rez-de-chaussée, également â rustiques ou bossages, percé d’arcades, portant un mascaron à la clef de voûte, offre un perron à double rampe conduisant à la porte principale, dont les socles de la balustrade sont décorés de têtes de lion. L’ordonnance du premier et du second étage se compose des ordres dorique mutulaire et ionique superposés. Les arcades de portiques avec impostes et archivoltes sont séparées par des colonnes engagées à l’avant-corps. Aux ailes, des pilastres encadrent des fenêtres carrées bordées de chambranles. Au premier étage, de la partie centrale seulement, on voit des balustres aux appuis des croisées. L’ordre supérieur ionique de l’avant-corps est assez orné; les colonnes sont cannelées au tiers et la frise est enrichie de festons se reliant à des mufles de lion au droit des colonnes.
L’ordonnance du gable est fort jolie; elle offre, dans son ensemble, les ordres corinthien, composite et caryale superposés. La partie inférieure du pignon est formée par quatre colonnes engagées, cannelées au tiers et encadrant des niches avec doubles tables aux extrémités; un cadran solaire surmonté d’une horloge , insérés dans une arcade avec archivolte et impostes occupe la partie centrale. La partie médiane présente, entre deux colonnes composites, les armoiries de la ville accostées de tritons portés sur des dauphins et de quatre obélisques ou pyramides, dont deux de petite dimension. Les socles, au droit des colonnes, sont décorés de mufles de lion , le tout repose sur un slylobale continu. La partie supérieure du
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Imitations de l'œuv re de Floris :
2° Hôtel de ville de Leijde. 1599.
L’Hotel de ville restaure après la Furie espagnole.
P a uwels Luydincx.