‹ Histoire de l'influence italienne sur l'architecture dans les Pays-BasChapitre 27 sur 36 · HIC VERUM IIINC FALSUM PAX SIT DISCORDIA LONGE · texte numérisé non relu

HIC VERUM IIINC FALSUM PAX SIT DISCORDIA LONGE

Les quatre inscriptions qui suivent y sont relatives et se lisent sur les socles des pilastres de l’étage :

FIRMAMENTUM IMPERJI SALUS HUMANI GENERIS

INSIDIÆ STATUS EVERSIO REIPUBLICÆ

Au-dessus de cette ordonnance ionienne est une sorte d’attique, formé de pilastres entablés, enrichis d’attributs mythologiques se rapportant à Apollon et aux archers et surmontés de médaillons en bas-relief, aux prolils de Nerva, Auguste et Jules-César, choisis par analogie avec chacune des statues symboliques. Tous ces ornements allégoriques et leurs inscriptions lapidaires se rapportent avec assez de justesse.

Le fronton présente un tympan décoré d’un bas-relief dont le sujet montre le lils de Latone poursuivant de ses traits le Serpent Python. Enfin, des vases d’où paraissent sortir des flammes et un Phénix surmontant un piédouche évasé orné d’une table d’architecture, portant deux inscriptions chronogrammaliqucs, termine le tout. Nous avons déjà rapporté plus haut celle de 1696, voici celle de 1691 :

CoMbVsta

InsIgnIor resVrreXI eXpensIs

sebastIanæ gVLDæ.

Celle-ci fut placée après la seconde reconstruction faite, comme nous l’avons dit, en 1691, sur les plans de l’architecte et peintre Ilerbosch. Daniel van Hci! a peint l’incendie de la maison de la Louve; le tableau est au Musée de Bruxelles.

SUR L’ARCHITECTURE DANS LES PAYS-BAS

Toutes les sculptures de celle façade, les quatre figures el le groupe de stc“||Pslp!^yrd7v*""

la Louve allaitant Romulus el Rémus sont dues au ciseau de Marc de Vos, ils constituent l’un des plus complets et des plus beaux échantillons de l’art ornemental de l’École rubénienne.

Celte historique demeure a vraiment droit de porter l’emblème du Phénix fabuleux. Incendiée peu de temps avant le bombardement, elle était à peine rebâtie qu’elle s’effondra écrasée par les bombes de Villeroy. On la rétablit dans l’état où on la voit aujourd’hui el elle souffrit peu en 1794.

Nous protestons toutefois vivement contre l’acte de vandalisme qui lui a enlevé toute symétrie au rez-de-chaussée en reportant à gauche la porte d’entrée primitivement placée au centre du bâtiment. Les grilles ouvragées el dorées des fenêtres adjacentes ont également disparu.

Le Serment de l’arc fut constitué en 1428 sous la protection de saint Sébastien et de saint Antoine.

A côté de la Louve se trouve une maison non moins remarquable, Maison desTonneliers.

Sac.

désignée en flamand : Op clen Sac (Le Sac). Elle appartenait jadis à plusieurs (*6»7-) Corporations travaillant le bois : menuisiers, tourneurs, ébénistes , « cuveliers» ou tonneliers. En l’an IV, les cordonniers y louèrent aussi un local de réunion. J. P. Mercx avait donné les plans de la façade élevée en 1040 et détruite par le bombardement.

La façade actuelle du Sac, bâtie en 1697, possède plusieurs points de ressemblance avec certain bâtiment figuré sur une gravure de Dollar, représentant la Grand’Place d’Anvers lors de la cérémonie de la publication de la Paix de Munster (30 janvier 1648).

Quatre étages d’ordres superposés, formant des trumeaux à peine sensibles, donnent à cette ordonnance l’aspect d’une véritable lanterne. Au rez-dechaussée régnent des pilastres doriques, au premier et au second étage, des colonnes engagées corinthiennes et composites et au troisième des gaines ou termes. Les ordres sont séparés par des appuis ornés de balustres, de cartouches ou « vignettes » , suivant l’expression de Georges Fricx. Un élégant pignon à saillies profondes et enroulements plantureux termine fort pittoresquement cette façade.

De précieuses boiseries « de compartiment » ornaient jadis la chambre

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de ce métier. Elles encadraient sept tableaux de Nicolas-Emmanuel de Pérv, d’Alost, retraçant l’histoire de Tobie.

Cet artiste, qui fut reçu dans la Gilde de S‘-Luc à Bruxelles (1735- 1763), exécuta de nombreux cartons de tapisseries et obtint même de ce chef le 1 avril 1715, en même temps que François Eisen, la franchise du service de la Garde bourgeoise. Le tableau ornant la cheminée et représentant l’apparition du Sauveur à saint Thomas était aussi des plus remarquables. Fricx, Moris et Mensaert ne citent point le nom du peintre.

Maison des Graissiers. La Maison du corps des Graissiers, autrement dite la Brouette. présente, à

H rouelle. 1 ? r ’

t|697> partir du rez-de-chaussée, deux ordres de colonnes ioniques et corinthiennes engagées, surmontés d’un ordre de pilastres composites. Un gable très-élevé flanqué de consoles vol niées et enrichi de vases dorés, servait d’amortissement à cet édifice d’un style moins accentué que la Maison du Sac.

Peintures par J. van Dans la chambre d’assemblée de celle Corporation, Jean van Orley et

Orlev et S. van Hel-

moni- Siger Jacques van Helmont avaient peint Y Histoire de Jacob en six tableaux.

Quoique de dimensions restreintes, celte chambre était l’une des plus jolies Cheminée en cuivre rc- d’entre celles appartenant aux divers corps de métiers. On y voyait aussi

pousse par van (1er 11 * •' «

No01 une garniture de cheminée en cuivre rouge, relevée de dorures, martelée et

ciselée par le fameux orfévre-dinandier van der Noot ou La Noot.

Maison des Boulangers. Nous avons dit que la façade de la maison de la Corporation des boulan-

Uni d' Espagne. y

Architecte cosyns. gers, autrement dite le Roi d Espagne, présentait un développement presque double de chacune des précédentes ordonnances. Celte façade était de Jan Cosyns, architecte et sculpteur bruxellois. M. Philippe van der Haeghen, bibliothécaire du duc d’Arenberg, nous en a communiqué un dessin contemporain faisant partie d’une collection précieuse que nous avons explorée des premiers en 1857 et souvent mise à contribution pour ce travail.

Elle a beaucoup souffert dans la fatale après-midi de 1793; ses trois étages présentent une superposition de pilastres des ordres dorique, ionique cl corinthien. Le dernier entablement portait une balustrade surscuipuires par .1 Go- montée de six figures, taillées en pierre d’Avesnes, par l’architecte sculpteur

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