PIERRE WALDO
Autrement important et durable par ses résultats fut le mouvement antisacerdotal dont Pierre Waldo de Lyon, dans la seconde moitié duxue siècle, fut l'involontaire initiateur. C'était un riche marchand, sans instruction, mais désireux de connaître les vérités de l'Écriture. A cet effet, il fit traduire le Nouveau Testament et une collection d'extraits des Pères de l'Église connus sous le nom de Sentences. Il les étudia avec ardeur, les apprit par cœur et arriva à la conviction que nulle part la vie apostolique n'était observée comme l'avait enseignée Jésus. Épris de perfection évangélique, il donna le choix à sa femme entre ses biens immobiliers et mobiliers. Elle choisit les premiers ; alors il vendit ses meubles, plaça ses deux filles dans l'abbaye de Fontevrault et distribua le reste de son avoir aux pauvres, qui souffraient alors de la famine. On raconte qu'il alla mendier du pain auprès d'un ami qui promit de lui fournir le nécessaire sa vie durant et que sa femme, en ayant été infor- 77 mée, s'adressa à l'archevêque, qui ordonna à Waldo de ne plus accepter son pain que d'elle. Désormais, il passa sa \ie à prêcher l'Évangile dans les rues et sur les routes, suscitant de nombreux imitateurs des deux sexes qu'il envoyait, comme missionnaires, dans les villes voisines. Ils entraient dans les maisons, annonçant l'Évangile aux habitants; ils prêchaient dans les églises, discouraient sur les places publiques, trouvant partout des auditeurs d'autant plus zélés que le clergé, comme nous l'avons vu, négligeait depuis longtemps la prédication. Suivant l'usage du temps, ils adoptèrent bientôt un costume particulier, comprenant, à l'imitation des Apôtres, des sandales a?ec une espèce de plaque, d'où ils prirent le nom de « Chaussés», d'Insabbatatioude Zaptati — bien qu'ils se désignassent
Be:jest. ii, 228. — Joann. Andreae Gloss. super cap. Excommuni camus (Evmeric. Direct, inquis. p. 182). Le nom des Pauvres de Lyon fut également oublié, témoin la remarque d'Andréas, « que la pauvreté n'est pas un crime en ellemême».
Les différences entre Vaudois français et italiens sont marquées dans une lettre de ces derniers à leurs frères allemands, à la suite d'une conférence tenue à Bergamo en 12 1 &. Elle a été découverte par Wilh. Preger dans la Bibliothèque Ro- aie de Munich et publiée dans ses Beitraege zur Gesch. der Waldesier im i^ittelalter, Munich, ISTo.