‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 102 sur 551 · DOCTRINE DES VAUDOIS · texte numérisé non relu

DOCTRINE DES VAUDOIS

des doctrines de plus en plus dangereuses et d'attaquer le clergé avec une vivacité croissante. Cependant ils se présentèrent encore en 1179 devant le concile de Latran, lui soumirent leur version des Écritures et sollicitèrent l'autorisation de prêcher. Gautier Mapes, qui était présent, se moque de leur ignorante naïveté et se félicite de l'habileté qu'il déploya en réfutant leurs doctrines, quand il fut délégué pour examiner leurs idées théologiques. Il n'en rend pas moins hommage à leur sainte pauvreté, au zèle avec lequel ils imitent les Apôtres et suivent le Christ. Une fois de plus ils demandèrent à Rome l'autorisation de fonder un Ordre de Prêcheurs; mais Lucius III refusa, alléguant leurs sandales, leurs chapes de moines et la réunion de personnes des deux sexes dans leurs troupes ambulantes. Ensuite, irrité de leur obstination, il les anathématisa au concile de Vérone en 1184. Ils refusèrent de renoncer à leur mission, ou même de se considérer comme séparés de l'Église. Bien que condamnés de nouveau, dans un concile tenu à Narbonne, ils consentirent, vers 1190, à accepter les périls d'une discussion dans la cathédrale de Narbonne, avec Raymond de Daventer comme arbitre. Bien entendu, la sentence leur fut 79 contraire ; mais ce colloque présenta de l'intérêt en montrant combien ils s'étaient déjà écartés, à cette époque, de l'orthodoxie catholique. Les six points sur lesquels porta la discussion étaient les suivants : 1° qu'ils refusaient obéissance à l'autorité du pape et des prélats ; 2° que tout le monde, même les laïques, a le droit de prêcher ; 3° que, suivant les apôtres, Dieu doit être obéi plutôt que l'homme; 4° que les femmes peuvent prêcher; 5° que les messes, les prières et les aumônes pour les morts ne servent de rien ; on ajoutait que quelques-uns d'entre eux niaient l'existence du Purgatoire; 6° que la prière dite au lit, dans une chambre ou dans une écurie, est aussi efficace que la prière dite à l'église. Tout cela était, au premier chef, de la rébellion contre le clergé plutôt que de l'hérésie proprement dite ; mais nous apprenons, vers la même époque, par le « Docteur Universel », Alain de l'Isle, qui, à la demande de Lucius III écrivit un traité pour les réfuter, qu'ils étaient prêts

Page 1