‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 109 sur 551 · CHASTETÉ DES VAUDOIS · texte numérisé non relu

CHASTETÉ DES VAUDOIS

décrit comme il suit : « Ces hérétiques se distinguent par leurs mœurs et par leur langage, car ils sont modestes et tempérés. Ils ne tirent aucune vanité de leurs vêtements, qui ne sont ni luxueux ni sales. Ils ne s'engagent pas dans le commerce, de peur d'être obligés de mentir et de se parjurer, mais vivent de leur travail comme des ouvriers. Ceux qui les enseignent sont des savetiers. Ils n'accumulent pas les richesses, mais se contentent du nécessaire. Ils n'abusent ni de la nourriture ni de la boisson. Ils ne fréquentent ni les tavernes, ni les bals, ni les autres lieux de vanité. Ils savent contenir leur colère. On les trouve toujours au travail ; comme ils apprennent et enseignent tour à tour, ils ont peu de temps pour prier. On les reconnaît encore à la précision et à la modération de leur langage ; ils évitent les plaisanteries, les calomnies, les propos licencieux, les mensonges et les jurons. Ils ne disent même pas vere ou certe, considérant que ces affirmations équivalent à des serments. » Tel est le témoignage officiel, en présence duquel nous pouvons vraiment repousser sans examen les histoires qu'on mit en circulation parmi le bas peuple pour l'exciter à la haine des Vaudois. On les accusait d'abominations sexuelles, alors que le seul reproche de ce genre qu'on pût leur faire était d'exagérer l'ascétisme, comme cela était ordinaire parmi les premiers chrétiens. Les Vaudois soutenaient, en effet, que le commerce sexuel, même dans le mariage, n'était légitime que s'il avait pour but la procréation. Un inquisiteur déclare qu'il ne croît pas aux accusations d'horribles débauches lancées contre les Vaudois; car, dit-il, il n'a jamais pu recueillir un témoignage digne de foi à ce sujet. On ne voit non plus rien de- 86 pareil dans les procédures dirigées contre les hérétiques, jusqu'à ce que, au xive et au xv« siècles, les inquisiteurs de Piémont et de Provence trouvèrent avantageux pour leur cause d'extorquer à leurs malheureuses victimes des confessions alléguant des vices monstrueux. (1)

(1) Wattenbach, Sitzungsb. der Preuss. Akad. 1886, p. 51. — Lib. Sentent. Inq Tolosan. p. 367. — Anon. Passav. cap. 7, 8. — Réfutât. Error. Waldens. (Mag Bib. Pat. xm, 336). — David August. (Martène, Thésaurus, v, 1771-1772). — Ar-

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