‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 121 sur 551 · SECTES CATHARES · texte numérisé non relu

SECTES CATHARES

tères extérieurs du catharisme, qui désignait les fidèles à la répression. En 1229, deux des Cathares toscans les plus influents, Pietro et Andréa, abjurèrent publiquement à Pérouse en présence de Grégoire IX; deux jours après, ils attestèrent solennellement la sincérité de leur conversion en mangeant de la viande devant une réunion d'éveques, ce qui donna lieu à la rédaction d'un procès-verbal attestant le fait (1). 98 Avec le temps, une secte dont le domaine était si étendu devait nécessairement se subdiviser. Parmi les Cathares italiens, nous trouvons d'une part les Concorrezenses (de Concorrezo près de Monza, en Lombardie); d'autre part les Bajolenses (de Bagnolo, en Piémont), qui professaient une forme modifiée du Dualisme suivant laquelle Satan était inférieur à Dieu, qui lui avait permis de créer le monde et de former l'homme. Les Concorrezenses enseignaient que Satan fit pénétrer dans le corps d'Adam un ange qui avait légèrement péché, et ils renouvelaient la vieille hérésie du Traducianisme en affirmant que toutes les âmes humaines dérivaient de cet esprit. En revanche, les Bajolenses maintenaient que toutes les âmes humaines avaient été créées par Dieu avant le monde et que dès cette époque elles avaient péché. Ces spéculations donnèrent naissance à un mythe dans lequel Satan était représenté comme le majordome du Ciel, chargé de recueillir les louanges et les psalmodies que les anges devaient chaque jour offrir à Dieu. Désireux de deve-

(1) S. Bernardi, Serm. lxvi in Cantic. cap. 3-7. — Ecberti Schonaug. Serm. i, v, vi, C. Cat'iaros. — Bonacursi Vit. Hxretic. — Gregor. Fanens. Dis a. cahol. c. Haeretic. cap. 1, 2, 11, 14. — Monetae adv. Cath. lib. i, cap. 1. — Cunitz, Beitr. zn den theol. Wissenschaften, 1852, p. 14. — Radulf. Coggeshall. Çhron. Anglic. (D. Bouquet, xvm, 92, 93) — Evervini Epist ad S. Bern. cap. 3. — Concil. Lombaricns. and. 1105. — Kadulf. Ardent. T. i, p n, hom xix. — Ermengaud. contr. Hser. o/nisc. — Bonacursus c. Catharos (Baluz. et Mansi, n, 581-5-6). — Alani de Insulis contra Hasret. lib. 1. — Monetae ado. Cath. lib. iv, cap. vu, § 3. — Rainerii Saccon. Summa. — Lib. Sentent. Inq. Tolosan. p. 111, 115. — Coll. Doat, t. xxx, Col. 185 sq ; xxxn, fol. 93 sq. — Steph. de Borbone (d'Argentré, Coll. judic. de noms error i, 1, 91). — Archiv. Fiorent. Prov. S. Maria Novella, Giugno 26,

Dans les premiers temps de l'Inquisition, un certain Jean Teisseire, appelé devant le tribunal de Toulouse, se défendit en disant : « Je ne suis pas un hérétique, car j'ai une femme, je couche avec elle, j'ai des enfants, je mange de la chair, et je mens, et je jure, et je suis un fidèle chrétien, v (Guill. Pelisso, Chron. éd. Molinier, 1880, p. 17). Voir aussi les Sentences de Pierre Cella, coll. Doat, xxi, 223.

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