‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 122 sur 551 · CROYANCE A LA TRANSMIGRATION · texte numérisé non relu

CROYANCE A LA TRANSMIGRATION

nir l'égal du Seigneur, Satan détourna et garda pour lui une partie des louanges angéliques; sur quoi Dieu, ayant découvert la fraude, remplaça Satan par Michel et rejeta le coupable avec ses complices. Alors Satan fit disparaître en partie l'eau qui couvrait la terre et créa Adam et Eve. Pendant trente ans, il s'efforça en vain de leur infuser des âmes, jusqu'à ce qu'enfin il pût attirer du Ciel deux anges qui étaient favorables à sa cause et qui passèrent successivement par les corps d'Enoch, de Noé, d'Abraham, de tous les prophètes, cherchant en vain leur salut. Enfin, comme Siméon et Anna à l'arrivée du Christ (1), ils accomplirent l'œuvre de leur rédemption et furent autorisés à retourner au Ciel. Les âmes humaines sont de môme des esprits déchus, traversant une période d'épreuves.

Cette croyance était si générale parmi les Cathares, qu'elle les conduisit à une doctrine de la transmigration très analogue à celle du Bouddhisme, bien que modifiée par la croyance que la mission terrestre du Christ avait eu pour objet le rachat de ces esprits déchus. Jusqu'à ce que l'âme fût assez parfaite pour 99 remonter auprès de son Créateur, comme dans la Moksha ou absorption en Brahma de l'Indou, elle était obligée de subir des existences successives. Mais comme l'âme pouvait, en expiation de ses péchés, être logée dans les formes animales inférieures, on arriva tout naturellement, comme dans le Bouddhisme et le Brahmanisme, à l'interdiction de tuer tout être vivant, excepté les reptiles et les poissons. Les Cathares qui furent pendus à Goslar en 1052 refusèrent, même en présence du gibet, de tuer un poulet; au xme siècle, on considérait cette épreuve comme un sûr moyen de reconnaître l'hérésie (2).

. (1) Luc. m, 25-38.

(2) Rainerii Saccon. Summi. — Tocco, VEvsia nel medio a°vo, p. 75. — Gregor. Fanens. Disput. cap. iv. — Monetae ado. Cathares, lib. i, cap. \, 2, 4, 6. — Alani de Insulis contra Hseret. lib. 1. — Ecberti Schonaug. Serm. i, xm, contra Catharos. — Ermengaudi contra Hseret. omise, cap. 14. — Millot, Éist.Litt. des Troubadours, ii, 64. — Lib. Sentent. Inq. Tolosan. p. 84-. — Gest. Episcop. Leodiens. lib. h, cap. 60, 61. — Sfephan. de B >rbo:ie (d'Àrgentré, Collect. jud c. de nov . Error. i, i, 90). — Muratori, Antiq. Ital. Diss. lx.

Parmi les premiers chrétiens, il y avait une forte tendance à adopter la doctrine de la transmigration, considérée comme expliquant l'injustice apparente des jugements de Dieu. Voir Hieron. Epist. cxxx ai Demetriadem, 16.

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