‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 126 sur 551 · PROSÉLYTISME · texte numérisé non relu

PROSÉLYTISME

Ce qu'on redoutait le plus, c'était leur esprit de prosélytisme, qu'aucune fatigue, aucun péril ne pouvait arrêter. L'Europe était parcourue par leurs missionnaires, qui allaient partout porter la parole de salut, jusqu'au pied des bûchers où ils voyaient attacher leurs frères. Extérieurement, ils se disaient catholiques et accomplissaient leurs devoirs religieux avec un zèle exemplaire, jusqu'au jour où, ayant gagné la confiance de 103 leurs voisins, ils pouvaient entreprendre en secret de les convertir. Us distribuaient, le long des routes, de petits écrits de propagande et ils ne se faisaient pas scrupule d'appeler à leur aide les superstitions de l'orthodoxie ; ainsi, leurs écrits promettaient des indulgences à ceux qui les liraient et les feraient circuler; ainsi, encore, ils prétendaient être envoyés directement par Jésus-Christ et voyager sur le dos des anges. On nous dit que beaucoup de prêtres catholiques furent corrompus par la lecture de ces petits papiers, ramassés par des pâtres qui les apportaient aux curés pour se les faire lire. Cela donne une triste idée de l'intelligence du clergé à cette époque. Un procédé plus blâmable encore fut employé par les Cathares de Moncoul, en France. Ils fabriquèrent une image de la Vierge, difforme et borgne, disant que le Christ, pour montrer son humilité, avait choisi pour mère une femme aussi laide. Puis ils se mirent à opérer des miracles à l'aide de cette image, feignant d'être malades et de recouvrer la santé par elle ; finalement, elle devint si célèbre qu'on en fit beaucoup de copies, qui furent placées dans des églises et des oratoires, jusqu'au jour où les hérétiques avouèrent leur fraude, à la grande confusion

Nouveau Testament ; nous voyons alors le cardinal-légat disputer à Toulouse avec deux évêques cathares dont l'ignorance du latin était tournée en ridicule, alors qu'ils paraissent avoir été, d'autre part, familiers avec l'Ecrituie. — Roger. Hoveden. Annal, ann. 1178. Voir aussi Molinier, A.m. de la Fac. des lettres de Bord»aux, 1883, n» 3. -

L'abbé Joacliim prêta témoignage des vertus extérieures des Cathares de la Calabre et du crédit que valait à leur cause le spectacle de la corruption du clergé. Voir Tocco, L'Eresia nel medio aevo, p. 403.

L'histoire des hosties fabriquées avec des cadavres d'enfants nés de la débauche était très répandue et attribuée à diverses sectes. Au xi° siècle, Psellus (de ojxr Dasm.) rapporta la même chose des Euchites; on la trouve plus tard parmi les griefs populaires allégués contre les Templiers et les Fraticelli.

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