CONCILE DE VÉRONE
Cependant, peu de temps après, Pierre Lombard reprit la direc- 116 tion du mouvement et forma une communauté nombreuse, qui comprenait beaucoup de nobles. Vers la fin du siècle, San Pietro di Parenzo mérita d'être canonisé en reconnaissance des sévères mesures de répression qu'il prit contre les hérétiques et dont ils se vengèrent en l'assassinant (1199).
Ce fut en vain que Lucius III, soutenu par Frédéric Barberousse, publia en 1184, pendant le concile de Vérone, l'édit le plus sévère qui eût encore été fulminé contre l'hérésie. 11 raconte avec indignation comment, à Rimini, le peuple empêcha le podestat de prêter le serment qu'on exigeait de lui; sur quoi les Patarins, qui avaient été chassés de la ville, se hâtèrent d'y retourner et y demeurèrent sans être molestés. Le pape menaça de jeter l'interdit sur Rimini si son édit n'y était pas appliqué dans les trente jours.
Ces épisodes peuvent être considérés comme des exemples de la lutte qui se poursuivait alors dans beaucoup de cités italiennes. L'extrême division politique de ce pays rendait presque impossibles des mesures générales de répression. Supprimée dans une ville, l'hérésie florissait aussitôt dans une autre, prête à fournir, une fois l'orage passé, de nouveaux missionnaires et de nouveaux martyrs. Depuis les Alpes jusqu'au Patrimoine de saint Pierre, toute la partie septentrionale de la Péninsule était comme semée de nids d'hérétiques ; on en trouvait même au Sud jusqu'en Calabre.
Lorsqu'Innocent III, en 1198, monta sur le trône pontifical, il commença aussitôt une guerre active contre l'hérésie. L'obstination des sectaires se manifesta clairement par la lutte qui éclata alors à Viterbe, ville sujette à la juridiction temporelle du pape comme à sa juridiction spirituelle. Au mois de mars 1199, Innocent, effrayé des progrès de l'hérésie, écrivit aux habitants de Viterbe pour renouveler et aggraver les peines portées contre ceux qui recevraient ou protégeraient des hérétiques. Malgré cela, en 1205, les hérétiques l'emportèrent aux élections municipales et mirent à la tète de la ville un excommunié. L'idignation du pape ne connut pas de bornes. « Si, dit-