‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 136 sur 551 · AFFAIRE DE VITERBE · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE VITERBE

il aux habitants de Viterbe, les éléments conspiraient à vous détruire, n'épargnant ni l'âge ni le sexe, abandonnant votre mémoire à la honte éternelle, le châtiment serait encore audessous de vos crimes.» Il ordonna que la nouvelle municipalité fût déposée, que personne ne tint compte de ses ordres, que Tévêque, qui avait été chassé, fût ramené, que les lois contre l'hérésie fussent renforcées; au cas où, dans le délai de quinze jours, tout n'était pas rentré dans l'ordre, les habitants des villes et des châteaux voisins devaient prendre les armes et traiter Viterbe en ville rebelle. L'effet de ces menaces fut de courte durée. Deux ans après, en février 1207, il y eut de nouveaux troubles et ce fut seulement au mois de juin de la même année, quand Innocent vint lui-même à Viterbe et que tous les Patarins s'enfuirent à son approche, qu'il put purifier la ville 117 en démolissant toutes les maisons des hérétiques et en confisquant leurs biens. Au mois de septembre, il compléta ces mesures en adressant un décret à tous les fidèles du Patrimoine de saint Pierre, enjoignant à toutes les communes d'inscrire dans leurs lois locales de nouvelles mesures contre les hérétiques et à tous les fonctionnaires de prêter serment, sous les peines les plus sévères, qu'ils veilleraient à l'exécution de ces lois. Des sévices plus ou moins cruelles exercées à Milan, Ferrare, Vérone, Rimini, Florence, Prato, Faënza, Plaisance et Trévise montrent combien le mal était étendu, combien il était devenu difficile de le combattre et quel encouragement il trouvait partout dans les scandales donnés par le clergé (1).

Mais c'est surtout dans le midi de la France que la lutte devait être terrible. Là, comme nous l'avons vu, le terrain était plus favorable qu'ailleurs au développement de l'hérésie. Dès le commencement du xne siècle, la résistance s'affirme ouvertement à Albi, où l'évêque Sicard, aidé par l'abbé de Castres, tenta de mettre en prison des hérétiques obstinés et en fut

(1) Schmidt, i, 63-65. — Muratori, Antiq. Diss. lx (p. 462-3). — Pflugk-Harttung, Acta Pontiff. Boman. ined. T. m, n° 353. — Haynald, Annal, ann. 1199, n°* 23-25; ann. 1205, n° 67; 1207, n° 3. — Lami, Antich. Tosc. p. 49J. — Innoc. PP. .11. lieq. i, 298; n, 1, 50; v, 33; vu, 37: vin, 85, 105; ix, 7, 8, 18, 19, 166-9, 204, 213, 258; x, 54, 105, 130; iv, 189; Gesta cxxiu.

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