‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 140 sur 551 · CONCILE DE LATRAN · texte numérisé non relu

CONCILE DE LATRAN

présenter devant lui et dut se contenter ensuite de les excommunier. Un peu plus tard, lors d'une enquête contre le puissant Roger Trencavel, vicomte de Béziers, coupable d'avoir mis en prison l'évêque d'Albi, le légat ne put obtenir satisfaction complète : il excommunia Roger, mais on ne nous dit point que le prélat captif ait été remis en liberté. La mission si pompeusement annoncée retourna en France et nous sommes tout disposés à croire les chroniqueurs de l'époque, quand ils nous disent qu'elle n'avait presque rien obtenu. Il est vrai qu'elle avait persuadé à Raymond de Toulouse et à ses nobles de lancer un édit de bannissement contre tous les hérétiques ; mais cet édit resta lettre morte (1).

Au mois de septembre de la même année 1478, Alexandre III convoqua le troisième concile de Latran. La lettre de convocation renferme une allusion sinistre à l'ivraie qui étouffe le grain et qui doit être arrachée par la racine. Quand le concile se réunit, en 1179, il déplora la perversité des Patarins, qui séduisaient publiquement les fidèles à travers la Gascogne, l'Albigeois et le Toulousain ; il recommanda au pouvoir séculier d'user de la force pour contraindre ces hommes à faire leur salut ; il lança, comme d'ordinaire, l'anathème sur les hérétiques, sur ceux qui leur donnaient asile et protection, et il comprit parmi les hérétiques les Cotereaux, les Brabançons, les Aragonais, les Navarrais, les Basques et les Triaverdins, dont il sera question plus bas. Puis il se décida à une mesure beaucoup plus grave en proclamant une croisade contre tous les ennemis de l'Église — premier exemple de l'emploi de cette arme redoutable contre des Chrétiens et point de départ d'une pratique qui mit au service de l'Église et de ses querelles privées une milice guerrière toujours mobilisable. Une indulgence de deux ans fut promise à tous ceux qui prendraient les armes pour la sainte 124

(1) Roger. Hovedens. Annal, ann. 1178. — Schmidt, i, 78. — Martène, Thés, i, 992. — Rob. de Monte, Chron. ann. 1178. — Benedict. Petroburg. Vit. Hennci II, ann. 1178.

Roger Trencavel de Béziers n'était pas un hérétique (voir Vaissete, ni, 49), mais le traitement qu'il infligea à l'évêque d'Albi montre d'autant mieux le mépris ou l'Eglise était tombée, même parmi les grands seigneurs catholiques

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