‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 151 sur 551 · PIERRE DE CASTELNAU · texte numérisé non relu

PIERRE DE CASTELNAU

graver la situation; car les prélats, furieux de voir tant d'autoité aux mains des représentants directs de Rome, refusaient e s'associer énergiquement à la campagne contre l'hérésie. On ut craindre un instant de les voir faire cause commune avec es hérétiques contre le Saint Siège, afin de se protéger euxmêmes et leur clergé contre ses envahissements.

Rainier tomba malade pendant l'été de 1202. Il fut remplacé par Pierre de Castelnau et Raoul, moines cisterciens de Fontfroide, qui, au prix de peines infinies et en menaçant la ville de la vengeance royale, réussirent à arracher aux magistrats de Toulouse le serment d'abjurer l'hérésie et d'expulser les hérétiques; en retour, ils juraient que les immunités et les libertés de la ville ne subiraient aucune atteinte. A peine étaient-ils partis que les Toulousains oublièrent leurs promesses. Encouragés par ce qu'ils croyaient être un succès, les moines essayèrent d'obtenir le même engagement du comte Raymond. Ils y réussirent, mais dans des conditions qui montrent bien la difficulté de leur tâche. Quand ils demandèrent à l'archevêque de Narbonne de les accompagner auprès du comte de Toulouse, ce prélat ne se contenta pas de refuser : il leur dénia toute assistance et c'est à grand peine qu'ils obtinrent de lui des chevaux pour le voyage. L'évêque de Béziers, sollicité également, refusa de les accompagner. Ils lui demandèrent de convoquer 138 les consuls de Béziers afin qu'ils abjurassent l'hérésie et jurassent de défendre l'Église; l'évêque n'en fit rien, créa même des difficultés particulières aux envoyés du pape, et bien qu'il eût finalement promis d'excommunier les magistrats pour cause de contumace, il se garda d'en rien faire. Et cependant, l'hérésie était tellement florissante à Béziers que le vicomte dut autoriser des chanoines à fortifier l'église de Saint-Pierre de peur que les hérétiques ne s'en emparassent de force! L'évêque de Béziers était probablement effrayé par la mésaventure arrivée à son voisin, Bérenger, évêque de Carcassonne, qui, ayan menacé son troupeau des rigueurs ecclésiastiques, fut chassé de la ville et mis en quarantaine, une grosse amende ayant été

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