‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 166 sur 551 · SUCCÈS DES CROISÉS · texte numérisé non relu

SUCCÈS DES CROISÉS

journée de ji lillet, la ville fut incendiée et le soleil se coucha sur une masse de ruines fumantes et de cadavres noircis — holocauste aune divinité de pardon et d'amour que les Cathares avaient de bonnes raisons pour considérer comme le Principe du Mal. Aux yeux des orthodoxes, toute cette affaire était une preuve évidente de la protection que Dieu accordait à leurs armes. D'ailleurs, il ne manquait pas d'autres miracles pour les confirmer dans cette opinion. Bien qu'ils eussent stupidement détruit tous les moulins aux alentours, le pain fut toujours abondant et à bon marché dans leur camp ; — trente pains se ven- 155 daient un denier. On observa encore, pendant toute la campagne, et l'on nota comme un encouragement du ciel, que jamais ni vautour, ni corbeau, ni aucun aucun autre oiseau ne vola au-dessus de l'armée. (1)

Les petites troupes de Croisés, dans leur marche pour rejoindre le corps principal, n'avaient pas été moins favorisées parles circonstances. L'une d'elles, commandée parle vicomte de Turenne et par Gui d'Auvergne, avait pris, après un court siège, le château presque inexpugnable de Chasseneuil. La garnison avait conclu une convention et pu sortir en liberté, mais les habitants furent laissés à la merci des vainqueurs. On leur donna le choix entre la conversion et le bûcher. Comme ils persévéraient dans leurs erreurs, on les brûla tous, exemple qui fut généralement suivi dans cette campagne. Une autre troupe, commandée par l'évêque de Puy, avait rançonné Caussade et Saint-Antonin; on lui reprochait de trop aimer l'argent et d'épargner mal à propos la vie des hérétiques. Le pays était dans un état de terreur tel que lorsqu'un fugitif arriva au château de Villemur, annonçant que les Croisés approchaient et traiteraient cette place comme les autres, les habitants l'abandonnèrent pendant la nuit, après y avoir eux-mêmes mis le feu. D'innombrables forteresses se rendirent sans coup férir ou furent trouvées vides, bien qu'on y eût accumulé des provisions et des

(1) lldgest. xii, 108. — Pet. Sarncns. c. 10. — V<ii>'setc, m, 163; Pr. 10, 11. — Guill. de Pod. Laurent, c. 13. — Guill. de Tud. xvi, xxm, xxv. — Roberti Autissiodor. Chron. ann. 120D. — Cœs lleisterb. Dial. Mt/ac. v, 21.

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