‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 170 sur 551 · SIMON DE MONTFORT · texte numérisé non relu

SIMON DE MONTFORT

Montpellier, le Béarn, le Roussillon, la Gascogne, Comminges et Béziers (1).

Tout autre était le caractère sérieux et solide de Montfort, qui s'était distingué, suivant son usage, au siège de Carcassonrie. Il avait été le premier dans l'assaut contre le faubourg extérieur ; et quand l'attaque sur le second faubourg eût été repoussée, comme un Croisé était resté dans le fossé avec une cuisse brisée, Montfort, suivi d'un seul écuyer, revint sur ses pas sous une grêle de projectiles et parvint à ramener son compagnon. Fils cadet du comte d'Évreux, descendant du Normand Rollon, il était comte de Leicester par sa mère et avait acquis une renommée précoce par son courage à la guerre et sa sagesse dans les conseils. Pieux jusqu'à la bigoterie, il ne laissait pas passer un jour sans entendre la messe et la sincère affection que lui portait sa femme, Alice de Montmorency, semble prouver que sa réputation de cbasteté — vertu si rare à cette époque — n'était pas imméritée. En 4201, il avait pris part à la croisade de Baudouin de Flandre. Lorsque, pendant leur long séjour à Venise, les Croisés vendirent leurs services aux Vénitiens et se chargèrent de la destruction de Zara, Montfort seul refusa, disant qu'il était venu pour combattre les Infidèles et non pour faire la guerre à des Chrétiens. En conséquence, il quitta l'armée, se rendit en Apulie et de là, avec un petit nombre d'amis, en Palestine, où il servit avec honneur la cause de la Croix. Quels changements se seraient produits dans l'histoire de la France et de l'Angleterre, si Montfort était resté avec les Croisés jusqu'après la prise de Constantinople ! Sans doute, lui et son fils, Simon de Leicester, auraient fondé des principautés en Grèce ou en Thessalie et auraient usé leur vie dans des conflits obscurs et vite oubliés. — A l'époque où l'on prêchait la croisade contre les Albigeois, un des abbés cisterciens qui se dévouaient le plus ardemment à cette tâche était

(1) Regest. vu, 229; xv, 212; xvi, 87. — Fran. Tararae, De rsg. hisp. — Lôwenfeld, Epist. poiitif. ined. p. 63. — La'uente, Hist. de Esp. v, 492-5. — Marianà, Hist. de Es >. xn, 2. — L. Marin. Siculi De reb. hisp. lib. x. — Diez, 'i roubad. 4-24. — Vaissete, m, 124. — Gest. Gom Barcenon c. 24.

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