‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 173 sur 551 · INACTION DU PAPE · texte numérisé non relu

INACTION DU PAPE

nières et bientôt son autorité réelle ne s'étendit guère au-delà de la portée de sa lance. C'est à grand peine qu'un jour il empjcha sa garnison de Garcassonne d'évacuer la ville. Ce poste passait pour si dangereux que lorsque Montfort partit pour assiéger Termes, il lui fut presque impossible de trouver un chevalier qui voulût en accepter le commandement.

Malgré ces difficultés, il réussit à soumettre d'autres châteaux, à rétablir sa domination sur le pays Albigeois et à l'étendre sur le comté de Foix. Il se préocupait, en outre, de se concilier la faveur d'Innocent, qui devait le confirmer dans sa dignité toi nouvelle et dont il attendait des secours pour l'avenir. Toutes les dîmes et prémices devaient être régulièrement payées aux églises; toute personne qui resterait excommuniée pendant quarante jours devait être frappée d'une lourde amende, en proportion de sa fortune; Rome, en retour des trésors d'indulgences qu'elle avait prodigués, devait recevoir un tribut annuel de trois deniers par feu, levé sur un pays qui venait d'être horriblement dévasté; en outre, le comte lui-même promettait vaguement un tribut annuel.

Innocent répondit à Montfort au mois de novembre, exprimant sa joie du succès miraculeux qui avait permis d'arracher cinq cents villes et châteaux des griffes de l'hérésie. Il acceptait gracieusement le tribut offert et confirmait les droits de Montfort sur Béziers et sur Albi, en l'adjurant de travailler sans relâche à exterminer l'hérésie. Mais comme il était probablement mal renseigné sur les périls qui menaçaient Montfort, il s'excusait de ne pouvoir lui venir en aide, alléguant qu'il lui arrivait de Palestine de nombreuses missives où l'on se plaignait que les ressources, si nécessaires à cette contrée lointaine, eussent été détournées de leur but pour soumettre des hérétiques en pays chrétien. Il se contenta donc d'intéresser à la cause de Montfort l'empereur Othon, les rois d'Aragon et de Castille, ainsi que plusieurs villes et seigneurs dont on ne pouvait guère attendre d'aide efficace. Les archevêques de toute la région infectée reçurent l'ordre de demander à leur clergé une partie de ses revenus; les troupes de Montfort furent exhortées

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