SIÈGE DE TOULOUSE
Pierre finit par consentir à recevoir l'hommage de Montfort pour Béziers. Peu de temps après eut lieu à Montpellier une autre réunion, également infructueuse pour Raymond, mais non pour Montfort, qui conclut un traité avec Pierre et reçut de lui en otage son jeune fils Jayme. Au printemps de 1211, Raymond vint encore trouver Montfort au siège de Lavaur et permit aux Croisés de recevoir des provisions de Toulouse, bien qu'il eût vainement essayé d'empêcher le départ d'un contingent que les Toulousains fournissaient aux assiégeants. Presqu'aussitôt après la prise de Lavaur, le 3 mai 4211, Montfort envahit le territoire de Raymond et prit quelques uns de ses 167 châteaux, le tout, semble-t-il, sans déclaration de guerre. Raymond fit alors un dernier et misérable effort pour avoir la paix ; il offrit toutes ses possessions, à l'exception de la ville de Toulouse, à Montfort et au légat, comme gage de l'accomplissement de toutes les promesses qu'on voudrait lui imposer, réservant seulement sa vie et les droits de son fils à son hériritage. On repoussa avec dédain ces offres humiliantes. Raymond s'était tellement avili qu'on paraît avoir cessé de voir en lui un élément de quelque importance dans la situation qu'il s'agissait de régler. D'ailleurs, on attendait sous peu le comte de Rar avec une nombreuse armée de Croisés, dont les services devaient être employés le mieux possible pendant les quarante jours où ils resteraient disponibles. Le siège de Toulouse fut décidé.
Dès que les citoyens de Toulouse apprirent que Ton voulait attaquer la ville, ils envoyèrent une ambassade aux Croisés pour demander qu'on les épargnât, faisant valoir qu'ils s'étaient réconciliés avec l'Église et qu'ils avaient pris part au siège de Lavaur. On leur répondit qu'ils seraient assiégés s'il ne renvoyaient pas Raymond et n'abjuraient pas toute allégeance à son égard. Ils refusèrent à l'unanimité, oublièrent toutes leurs querelles intestines et se préparèrent comme un seul homme à la résistance. C'est un indice remarquable de la force des institutions républicaines que le siège de Toulouse fut le premier échec sérieux qu'aient éprouvé les Croisés. La ville était bien