‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 190 sur 551 · DÉCHÉANCE DE RAYMOND · texte numérisé non relu

DÉCHÉANCE DE RAYMOND

à sa disposition leurs femmes et leurs filles ; le matin de la bataille, il était si épuisé par ses excès qu'il ne put se tenir debout pendant la célébration de la messe. (4) 17g Avec le peu de troupes dont il disposait, Montfort était dans l'impossibilité de poursuivre ses avantages; aussi les conséquences immédiates de sa victoire furent-elles peu sensibles. Les citoyens de Toulouse désiraient la paix; mais quand leur évêque, Foulques, demanda deux cents otages, ils refusèrent d'en donner plus de soixante, et lorsque l'évêque accepta ce chiffre, ils retirèrent leur proposition. Montfort fit une incursion sanglante dans le pays de Foix et parut devant Toulouse, mais il fut bientôt réduit à la défensive. Narbonne, devant laquelle il se présenta pacifiquement, lui refusa l'entrée ; la même chose lui arriva à Montpellier et il fut obligé d'avaler en silence ces deux affronts. Sa condition était très critique pendant l'hiver de 1214, mais les affaires prirent alors une tournure toute différente. La prohibition de prêcher la croisade en France avait été levée et l'on annonçait l'arrivée de 100,000 nouveaux pèlerins après Pâques. En outre, un nouveau légat, le cardinal Pierre de Bénévent, arriva avec les pleins pouvoirs du pape et reçut à Narbonne la soumission des comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges, d'Aimeric, vicomte de Narbonne, et de la ville de Toulouse elle-même. Tous promirent de chasser les hérétiques et de satisfaire toutes les exigences de l'Église, en fournissant toutes les garanties qu'on leur demanderait. Raymond remit même tous ses domaines aux mains du légat et s'engagea, s'il en recevait l'ordre, à se rendre en Angleterre ou ailleurs jusqu'au jour où il pourrait aller à Rome. Revenu à Toulouse, il y vécut avec son fils comme un simple citoyen

(1) Pet. Sarnens. c. 70-3.— Guill. de lod. Laurent, c. 21-22.— Guill. Nangiac. ann. 1213. — Vaissete, m, Pr. 52-4. — Guill. de Tud. cxxv-cxl. — Zurita, Anales de Aragon, lib. n, c. 63. — De Gest. Com. Rarcenon. ann. 1213. — Bernard d'Esclot, Cronica del Bey en Père, c. 6. — Campana, Storia di San Piero Martire, p. 44. — Tamburin'i, ht deiV Inquisizione, i, 351-2. — Comenfarios del Rey en Jacme, c. 8 (Mariana, iv, 267-8).

Don Javme lui-même, alors âgé de six ans, était encore un otage entre les mains de Montfort, et si les chroniqueurs catalans disent vrai, ce fut à granTpeine qu'il put recouvrer la liberté, même après qu'Innocent eut ordonné de la lui rendre. — I,. Marin. Sic. de Reb. Hispan. lib. x. — Regest. xvi, 171.

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