‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 191 sur 551 · PRISE DE MAURIAC · texte numérisé non relu

PRISE DE MAURIAC

dans la maison de David de Roaix. Rome ayant ainsi obtenu tout ce qu'elle avait jamais demandé, le légat donna l'absolution à tous les pénitents et les déclara réconciliés à l'Église.

Si le pays avait espéré que sa soumission lui rendrait la paix, il fut cruellement déçu. Tout cela n'avait été qu'un nouvel acte de la comédie tragique que jouaient depuis si longtemps Innocent et ses agents. Le légat avait simplement voulu arrêter Tardeur de Montfort à un moment où il semblait plus faible que ses adversaires, et en même temps tromper les provinces menacées jusqu'à l'arrivée du nouveau contingent de pèlerins. Le chroniqueur monacal admire cette fraude pieuse si habilement conçue et exécutée avec tant de succès. Son exclamation en 179 thousiaste : « 0 pieuse fraude du légat 1 0 piété frauduleuse l » nous livre la clef des secrets de la diplomatie italienne dans ses rapports avec les Albigeois. (1)

Bien que Philippe Auguste fût en guerre avec le roi Jean d'Angleterre et l'empereur Othon, les hordes des Croisés, impatientes de butin et d'indulgences, dévalèrent comme un torrent sur les malheureuses provinces du Midi. Leur premier exploit fut la prise de Mauriac, où nous trouvons la première mention certaine des Vaudois au cours de cette guerre. Sept de ces sectaires furent découverts parmi les captifs ; ils affirmèrent hardiment leurs croyances devant le légat et furent brûlés au milieu de grandes réjouissances. Montfort, avec son habileté ordinaire, se servit des renforts qui lui arrivaient pour étendre son autorité ur l'Agénois, le Quercy, le Limousin, le Rouergue et le Péri- [;ord. Toute résistance étant épuisée, le légat, au mois de juin 1215, convoqua une réunion de prélats à Montpellier. Les citoyens ne voulurent pas permettre à Montfort de pénétrer t'ans la ville, bien qu'il dirigeât les débats du fond de la maison des Templiers qu'il habitait au-delà des murs ; un jour qu'on l'avait introduit secrètement dans l'assemblée, le peuple en eut vent et se préparait à l'assaillir quand on le fit dispa:

(1) Pet. Sarnens. c. 74-8. — Regest. xvi, 167, 170, 171, 172. — Guill «le P*d Laurent, c. 24, 25. — Vaissete, m, 260-2; Pr. 239-42. — Teulet, Lay. î, 390 *0Î, û° 1068-9, 1073.

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