‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 197 sur 551 · REVERS DE MONTFORT · texte numérisé non relu

REVERS DE MONTFORT

dans ce grand drame, ce sont les cités et les citoyens qui jouent le premier rôle; la lutte s'engage entre les communes à demi républicaines, qui combattent pour leur existence, et la dure féodalité du Nord. La question religieuse fut reléguée au second plan, d'autant plus que les idées religieuses d'alors étaient très confuses. Au siège du Château de Beaucaire, quand il fallut construire des retranchements contre l'armée de secours amenée par Montfort, le chapelain de Raymond promit le salut à quiconque viendrait travailler sur les remparts et le peuple de la ville se mit incontinent à l'œuvre pour obtenir les indulgences promises. Apparemment, on ne songeait pas que Raymond et tous les siens étaient excommuniés; les indulgences conservaient leur crédit, quelle que fût la main qui les distribuai (1). En présence de ce danger nouveau, Montfort fit preuve de son activité ordinaire. Mais la fortune l'avait abandonné et les historiens de l'Eglise ont émis l'opinion qu'il ployait sous le faix de l'excommunication lancée contre lui par l'implacable Arnaud de Narbonne, auquel il avait fait tort dans leur querelle relative au duché. Montfort n'y avait prêté aucune attention, ne cessant même pas d'assister à la messe, alors qu'il témoignait d'un si profond respect pour les censures ecclésiastiques quand elles étaient dirigées contre ses adversaires. Obligé d'abandonner Beaucaire, après des luttes acharnées, il marcha plein de colère sur Toulouse, qui se préparait à rappeler son ancien seigneur. 11 mit le feu à plusieurs quartiers de la ville, mais les citoyens barricadèrent les rues et résistèrent pas à pas à ses troupes. On finit par traiter; Montfort s'engagea à épargner la ville moyennant une énorme indemnité de 30,000 marcs; mais il détruisit ce qui restait des fortifications, combla les 185 fossés et désarma les habitants. Malgré l'excommunication qui pesait sur lui, il était encore très efficacement soutenu par l'Église. Innocent III mourut le 20 juillet 1216; son successeur Honorius III hérita de sa politique et le nouveau légat, le cardinal Bertrand de Saint-Jean et de Saint-Paul, était, si possible»

(1) Guill. de Tudela, cliii-viii. — Guill. de Pod. Laur. c. 27-8. — Vaissete, m, Pr. 64-66. - Pet. Sumens. c. 83-

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