HISTORIOGRAPHIE DE L INQUISITION VU
à l'appui, tirés de Tertullien, de Saint-Cyprien, de Laclance, de Saint-Hilaire de Poitiers, de Saint-Ambroise de Milan, de Saint-Grégoire de Naziance, etc. Mais lorsque Constantin-le-Grand eut promulgué à Milan, en 313, son Édit de tolérance, qui mettait fin aux persécutions des chrétiens et leur rendait leurs églises et leurs biens confisqués, le christianisme, fort de L'appui de l'État, ne tarda pas à devenir persécuteur à son tour. On eut successivement le Concile de Nicée (325), où ceux qui lisaient ou possédaient des écrits de l'hérésiarque Arius furent menacés de mort; redit de 353, promulgué par l'empereur Constance contre les hétérodoxes, juste quarante ans après l'édit de tolérance de Milan, et suivi de la législation formidable de Gratien, de Valentinien, de Théodose et de Justinien contre les païens, les juifs et les hérétiques. Ainsi triompha, dans l'Église et dans l'État chrétien, le dogme de la répression de l'hérésie. Dès le ve siècle, Saint-Jean Chrysostome et Saint-Augustin s'y rallient en Occident et en Orient, tout en repoussant la peine de mort par un reste de pudeur évangélique.
A partir de ce moment, quelques voix isolées élevèrent encore de temps en temps des protestations impuissantes : tel Saint-Martin de Tours en 385, lors du supplice de l'hérésiarque espagnol Priscillien et de trois de ses disciples à Trêves; mais, dès 447, le pape Léon Ier le Grand approuvait hautement ce traitement énergique. Du reste,. l'Europe occidentale ne connut presque pas l'hérésie avant Tan mille; mais alors la question se posa de nouveau avec les Cathares.
Peut-être est-ce bien le dernier écho de la tradition