VIII HISTORIOGRAPHIE DE L'INQUISITION
évangélique que nous entendons dans une lettre écrite vers le milieu du xie siècle par revenue de Liège Wazon (1048) à son collègue de Châlons : & Le Seigneur ne veut pas la mort du pécheur... Assez de bûchers; ne ions pas par le glaive séculier ceux que notre Créateur t Rédempteur veut laisser vivre pour qu'ils s'arrachent aux entraves du démon... Ceux qui aujourd'hui sont des hérétiques, peuvent se convertir demain et devenir nos supérieurs dans la patrie céleste. Saint-Paul n'a-t-il pas commencé par persécuter les chrétiens? Les évoques sont les oints du Seigneur, non pour donner la mort, mais pour apporter la vie. » Ce fut le chant du cygne de la tolérance en Occident. Déjà des bûchers avaient été allumés en 1022 à Orléans par le roi Robert le Pieux ; la Papauté, pesant de plus en plus sur le pouvoir séculier, amena graduellement l'asservissement de celui-ci à l'Église pour la répression de l'hérésie. Au xnie siècle, l'Inquisition est armée de toutes pièces et le pape a sur elle la haute main dans toute la chrétienté soumise à Rome.
Quand de l'Evangile on fut arrivé ainsi aux autos-da-fé, les chrétiens d'Occident ne mirent plus en doute la légitimité de la peine de mort frappant l'hérétique, comme le plus dangereux des perturbateurs de l'ordre social. A la fin du xiue siècle — dans sa, Somme théologique dont une encyclique de Léon XIII (4 août 1879) a prescrit l'étude approfondie — le (( docteur angélique » Saint-Thomas d'Aquin formule ainsi la théorie de l'Église romaine sur ce point (1274) : « L'hérésie est un péché par lequel on mérite non seulement d'être séparé de l'Église par l'excommunica-