NOUVELLE CROISADE
sillon, sur une menace de Louis, défendirent à leurs sujets de prêter secours- aux hérétiques (1).
L'organisation de la croisade se poursuivait avec une grande vigueur. Lors d'un Parlement tenu à Paris, le 28 janvier 1226, les seigneurs présentèrent une adresse au roi où ils lui promirent leur concours jusqu'à la fin. Louis prit la croix à la condition qu'il pourrait la déposer quand il voudrait et son exemple fut suivi par presque tous les évêques et barons, bien que nombre d'entr'eux, nous dit-on, le fissent à contre-cœur, considérant 198 comme abusif d'attaquer un chrétien fidèle qui, au concile de Bourges, avait offert toutes les satisfactions imaginables. Amauri et son oncle Gui renoncèrent à tous leurs droits en faveur de la couronne; la croisade fut prôchée à travers tout le royaume, avec les offres habituelles d'indulgences, et le légat garantit que la dime ecclésiastique promise pour cinq ans se monterait au moins à cent mille livres par année. Le seul point noir à l'horizon était la découverte que le pape Iïonorius avait envoyé des lettres et des légats aux barons de Poitou et d'Aquitaine, leur ordonnant de revenir dans le délai d'un mois à leur allégeance envers l'Angleterre, quelques serments qu'ils eussent pu prêter dans un sens contraire. Cette singulière trahison ne peut s'expliquer que par l'envoi au pape de cadeaux persuasifs émanant de Raymond ou de Henri III. Louis se hâta de recourir au même procédé et, par sa libéralité envers Honorius, obtint la suppression des lettres pontificales. Cette difficulté surmontée, une autre réunion eût lieu le 29 mars; Louis y ordonna à ses vassaux de s'assembler le 17 mai à Bourges, pourvus de leur équipement complet et prêts à rester dans le Midi aussi longtemps qu'il y resterait lui-mSme. La limitation de la durée du service à 40 jours, qui avait si souvent arraché à Montfort les fruits de ses victoires, ne devait plus être un obstacle à la réussite d'une conquête définitive (2).
(1) Waddingi Annal Minorum, ann. 1225, n° 14. — Vaissete, m, Pr. 305, 318. — îeulet, L yettes, u, 75, n» 1758; p. 79, n° 1768 ; p. 90, n° 1794.
l±) Vaissete, ni, Pr. 300, 308-14. — Teulet, Lmjettes, n, 68-9, n° 1742-3. — Matt. Paris ann. 1226, p. 229. — Chron. Turonens. ann. 1225, 1226.