‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 213 sur 551 · SIEGE D AVIGNON · texte numérisé non relu

SIEGE D AVIGNON

Louis se disposa à traverser la ville, les habitants, effrayés à juste titre, fermèrent leurs portes, en offrant au roi de le laisser passer librement autour de leurs murs. Le roi préféra en former le siège, bien qu'Avignon fût un fief de l'empire. Cette ville, restée excommuniée pendant dix ans, était considérée comme un nid de Vaudois; aussi le cardinal-légat Roman o ordonna aux Croisés d'en extirper l'hérésie par la force des armes. La tâche ne fut pas aisée. Depuis le 10 juin jusqu'aux environs du 10 septembre, les citoyens résistèrent avec désespoir, infligeant aux assiégeants des pertes sensibles. Raymond avait dévasté le pays alentour et tenait bonne garde pour arrêter les convois de vivres. Une épidémie éclata et des nuées de mouches transportèrent l'infection des morts aux vivants. La discorde s'était aussi mise dans le camp. Pierre Mauclerc de Bretagne en voulait à Louis pour s'être opposé à son mariage avec Jeanne de Flandres, dont il avait obtenu du pape le divorce, et il forma une ligue avec Thibaut de Champagne et le comte de la Marche, qui étaient suspects d'entretenir des intelligences avec l'ennemi. Thibaut, après quarante jours de service, quitta l'armée sans permission, revint en Champagne et se mit à fortifier ses châteaux. La croisade, si brillamment commencée, était sur le point de renoncer à sa première entreprise sérieuse lorsque les Avignonais, réduits à la dernière extrémité, firent l'offre inattendue de capituler. Etant données 200 les coutumes de l'époque, les conditions qu'on leur imposa ne furent pas dures. Ils convinrent de donner satisfaction au roi et à l'Église et de payer une rançon considérable; leurs murs furent renversés et trois cents maisons fortifiées de la ville furent démantelées. Le légat leur imposa un nouvel évêque, Nicolas de Corbie, qui édicta des lois pour la suppression de l'hérésie. Cette soumission d'Avignon vint fort à point pour Louis; quelques jours après se produisit une crue de la Durance qui aurait infailliblement noyé son camp (1).

(1) Matt. Paris ann. 122f>. — Teulet, Layettes, n, 71, 78, 81, 84, 85, 89, 90, 10, G48-9. — Guill. de Pod. Laur. c. 35. — Vaissete, in, 354, 364. — Chron Tnron.

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