‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 218 sur 551 · AGRANDISSEMENT DE LA FRANGE · texte numérisé non relu

AGRANDISSEMENT DE LA FRANGE

et une partie de l'Albigeois furent également attribués à Raymond, avec réversion sur sa fille à défaut d'héritier légitime; mais le roi garda pour lui les vastes territoires compris entre le duché de Narbonne et les comtés du Vélay, du Gévaudan, de Viviers et de Lodève. Le marquisat de Provence, dépendance de l'Empire audelà du Rhône, fut donné à 205 l'Eglise. Raymond perdit ainsi les deux tiers de ses domaines. En outre, il était obligé de détruire les fortifications de Toulouse et de trente autres châteaux, sans avoir le droit d'en élever de nouvelles; il devait livrer au roi huit autres places fortes pour dix ans et payer annuellement pendant cinq ans 1,500 marcs pour leur entretien ; il devait prendre des mesures énergiques pour réduire ses vassaux récalcitrants, en particulier le comte de Foix, qui, se trouvant ainsi abandonné, consentit la même année à une paix humiliante. On proclama une amnistie générale et l'on rétablit dans leurs droits les faidits ou chevaliers dépossédés, à l'exception, bien entendu, de tous ceux qui étaient hérétiques. Raymond s'engagea encore à assurer la paix publique et à chasser pour toujours les routiers qui, depuis un demi-siècle, étaient l'objet de la haine particulière de l'Église. Toutes ces conditions devaient être acceptées sous le sceau du serment par les vassaux de Raymond et par son peuple, qui devaient s'obliger à en assurer l'exécution; d'ailleurs, si, dans le délai de quarante jours après un avertissement, il continuait à être fautif sur un point quelconque, tous les territoires qu'on lui avait concédés devaient faire retour au roi, ses sujets devaient être libérés de toute allégeance à son égard et il retombait lui-même, comme précédemment, dans la condition d'un excommunié (1).

Les droits que le roi s'attribuait ainsi sur les territoires dont il disposait provenaient d'une part des conquêtes de son père, de l'autre des cessions consenties par Amauri qui, peu de jours après le traité, en signa une troisième, par lequel il abandon-

(i) HarJuin. Concil. vu, 165-72. — Vaissete, m, 375; Pr. 329-35, 340-3. — Teulet, Layettes, n, 147-52, n° 1901-4; p. 154-57, n° 1998-99, 2003-4. — Guill. de Pod. Laurent, c. 47.

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