‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 219 sur 551 · RUINE DE LA MAISON DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

RUINE DE LA MAISON DE TOULOUSE

nait tout sans aucune réserve et se confiait à la bonté du roi pour ne pas rester absolument dépouillé. En récompense, il obtint la survivance de la dignité de connétable, qui devint vacante l'année d'après par la mort de Mathieu de Montmorency. En 1237, il eut la folie de renouveler ses prétentions ; il prit le titre de duc de Narbonne, fit une vaine tentative pour s'emparer du Dauphiné au nom des droits de sa femme et envahit le comté de Melgueil. Grégoire IX, furieux, lui ordonna de faire pénitence en se joignant à la croisade qui allait partir alors pour la Terre Sainte. Amauri obéit et Grégoire décida qu'après son départ on lui paierait une somme de trois mille marcs sur les fonds constitués par les Croisés qui s'étaient rachetés de leurs vœux — ce qui était devenu, à l'époque où nous sommes, un mode habituel et très lucratif de vendre des indulgences. Le paiement de cette somme était assigné sur la 206 province de Sens et sur les domaines d'Amauri lui-même. Parti en 1238, Amauri fut poursuivi par son mauvais destin; en 1241, nous le trouvons prisonnier des Sarrasins et Grégoire IX intervient de nouveau pour le racheter, au prix de 4,000 marcs, sur les mêmes fonds. Il mourut la même année à Otrante, en revenant de Palestine, terminant ainsi une existence marquée par les plus étranges vicissitudes et une malechance presque continuelle (1).

La maison de Toulouse était tombée du faite de sa puissance, appuyée sur des possessions plus vastes que celles de la couronne, à une condition où elle cessait complètement d'être redoutable, bien que Grégoire IX et Frédéric II, en 1234, sur la demande réitérée de Louis IX, lui aient restitué le marquisat de Provence, probablement à titre de récompense pour son zèle à persécuter les hérétiques. Raymond n'occupait plus le premier rang parmi les six pairs laïques de France, mais était déchu

(1) Martène, Ampliss. Coll. i, 1225. — Vaissete, m, 375. 412. — Teulet, Layettes, ii, 155, n° 2000. — Ravnald. ami. 1237, n° 31. — Rob. de Monte Chron. ann. 1238. — Pofthast, Regest. 10469, 10516-17, 10563, 10579, 10666, 10670, 10996. — Cf. Berger, Les registres d'Innocent LV, n° 2763-69.

Pour les sommes levées en Angleterre pendant l'année 1230, en vendant aux croisés l'exemption de leurs vœux, voir Matt. Paris, ann. 1234, p. 276.

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