HÉRÉSIES DOGMATIQUES
hérétiques des Sept Églises. La théologie ne pouvait pas se former sans poser une foule de questions qui n'avaient pas été résolues par les Évangiles. Des controversistes surgirent qui, dans la chaleur de la discussion, exagérèrent la gravité des questions pendantes jusqu'à leur attribuer une importance vitale pour l'existence même du christianisme. Les hommes en vinrent à croire de bonne foi que leurs adversaires n'étaient pas chrétiens parce qu'ils différaient d'opinion avec eux sur quelques points secondaires de rituel ou de discipline, ou sur quelque particularité dogmatique que seuls des esprits formés à la dialectique des écoles pouvaient saisir. Quand Quintilla enseigna que l'eau n'était pas nécessaire au baptême, Tertullien cria qu'il n'y avait plus rien de commun entre elle et lui, qu'ils n'avaient ni le même Dieu ni le même Christ. L'hérésie donatiste, qui produisit de si déplorables effets, fut provoquée par la question de l'éligibilité d'un seul évèque. Quand Eutychès, dans son zèle contre les doctrines de Nestorius, fut amené à confondre de quelque manière les deux natures du Christ, pensant qu'il ne faisait que soutenir les doctrines de son ami Saint Cyrille, il se trouva tout à coup convaincu d'une hérésie condamnable — le Nestorianisme. La manière dont il se défendit contre la rhétorique exercée d'Eusèbe de Dorylée prouve qu'il n'était pas capable de comprendre la distinction subtile entre substantia et subsistentia — fatale méprise qui coûta la vie à des milliers d'hommes. Ainsi, pendant les six premiers siècles, tandis que la curiosité humaine explorait les problèmes infinis de la vie terrestre et de la vie future, de 211 nouvelles questions surgissaient sans cesse et étaient l'objet de discussions acharnées. Ceux qui occupaient des situations très élevées dans l'Église et pouvaient donner force de loi à leurs opinions, étaient nécessairement orthodoxes; ceux qui étaient plus faibles furent qualifiés d'hétérodoxes, et la distinction entre les fidèles et les hérétiques devint plus marquée de siècle en siècle (1).
(1) Tertull. De Baptismo-, c. 15. — Concil. Chalcedon. Act. i.