‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 229 sur 551 · NOUVEAUX PROGRÈS DE L'INTOLERANCE · texte numérisé non relu

NOUVEAUX PROGRÈS DE L'INTOLERANCE

laissait sans châtiment les plus graves péchés et l'immoralité la plus grossière.

L'hésitation portait aussi sur la nature des peines qui convenaient à l'hérésie. Nous avons déjà rencontré de nombreux exemples d'hérétiques brûlés vifs, tandis que d'autres n'étaient condamnés qu'à la prison ; il fallut longtemps avant que l'on n'arrivât à fixer des règles à cet égard. Même en 1163, lorsque Alexandre III s'efforçait, au concile de Tours, d'arrêter les progrès menaçants du manichéisme en Languedoc, il se contenta de recommander aux princes séculiers d'emprisonner les hérétiques et de confisquer leurs biens ; cependant, la même année, les Cathares découverts à Cologne furent envoyés au bûcher par des juges spécialement commis. En 1157, le châtiment infligé par le concile de Reims consistait à marquer le visage des délinquants au fer rouge; le concile d'Oxford, en 1166, prescrivit la même peine. En 1199, les premières mesures d'Innocent III contre les Albigeois ne prévoient d'autres peines que l'exil et la confiscation; il n'est fait aucune allusion à des mesures plus graves et l'exécution de celles-ci est récompensée par les mêmes indulgences qu'un pèlerinage à Rome ou à Compostelle.

A mesure que la lutte s'envenimait, la répression devenait plus cruelle ; cependant Simon de Montfort lui-même, dans le code promulgué à Pamiers le 1er décembre 1212, ne condamne pas formellement les hérétiques au bûcher, bien que cette même année on en ait brûlé quatre-vingts à Strasbourg. Nous avons déjà rappelé que Pierre II d'Aragon eut le triste honneur, dans son édit de 1197, d'introduire pour la première fois dans un code cette forme barbare de châtiment. Son exemple ne fut suivi que lentement. Othon I«f, dans sa constitution de 1210, 221 met simplement les hérétiques au ban de l'Empire, ordonne que leurs biens soient confisqués et que leurs maisons soient détruites. Frédéric II, dans son célèbre statut du 22 novembre 1220, qui fit de la persécution des hérétiques un élément du droit public de l'Europe, se contentait de les menacer de confiscation et de mise hors la loi; cette dernière peine, d'ailleurs,

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