‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 230 sur 551 · FRÉDÉRIC II · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC II

équivalait à la peine de mort, puisqu'elle abandonnait la vie de l'hérétique au caprice du premier venu. Dans sa constitution de mars 1224, il alla plus loin et décida que les hérétiques seraient mis à mort soit par le feu, soit par l'extirpation de la langue, suivant qu'en déciderait le juge. Ce fut seulement en 1231, dans ses Constitutions siciliennes, que Frédéric rendit obligatoire la peine du bûcher. Cet usage prévalut surtout dans les possessions napolitaines de l'empereur; l'édit de Ravenne, au mois de mars 1232, prévoit la peine de mort pour l'hérésie, mais n'en indique pas le mode; en revanche, l'édit de Crémone, en mai 1238, généralisa la loi sicilienne et fit ainsi du bûcher le châtiment régulier de l'hérésie à travers tout l'Empire. Nous trouvons plus tard la même prescription dans le Sachsenspiegel et dans le Schwabenspiegel, qui sont les codes municipaux de l'Allemagne septentrionale et méridionale. A Venise, après 1249, le doge entrant en charge prêtait serment de brûler tous les hérétiques. En 1255, Alphonse le Sage de Castille condamna au bûcher les chrétiens qui se convertiraient à l'islamisme ou au judaïsme. En France, la législation adoptée par Saint-Louis et par Raymond de Toulouse pour exécuter les dispositions du traité de 1229, observe un silence discret au sujet du mode de châtiment, bien qu'à cette époque l'usage du bûcher fût général. C'estseulement en 1270, lorsque parurent les Etablissements de Saint-Louis ,que nous trouvons un article formel condamnant les hérétiques à être brûlés vifs, bien que les termes dans lesquels Beaumanoir y fait allusion prouvent qu'il s'agit d'un usage depuis longtemps accepté. L'Angleterre, qui était à peu près exempte d'hérésie, n'alluma ses bûchers que plus tard ; c'est seulement lorsque le soulèvement des Lollards causa des inquiétudes à la fois à l'Église et à l'État que l'article de hœretico comburendo fut établi par statut en 1401 (1).

(1) Concil. Turon. ann. 1163, c. 4. — Trithem. Chvon. Hirsaug. ann. 1163. - Concil. Remens. ann. 1157, c. 1. — Guill. de Newburg, Hist. Angl. h, 15. - Innoc. III. Begest. i, 94, 165. — Contre le Franc-Alleu sans tiltre, Paris, 1620, p. 215 sq. — H. Mutii Chron. ann. 1 12 — Boehmer, lieg. fmp.\, 110. — Muratori, Antiq. liai. Diss. lx (t. xn, p. 447). — Ilist. Diplom. Frid. h. T. n, g. 6-8, 422-3; iv, 301; v, 201.— Gonstit. Sicul. i, tit. 1.— TVeuga Henrici (Boehlau, Nove

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