‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 236 sur 551 · DOCTRINE DE SAINT-THOMAS · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE SAINT-THOMAS

Ainsi l'hésitation qu'éprouvait l'Église au xi* et au xue siècle, touchant la conduite qu'elle devait tenir envers les hérétiques, disparut complètement au xme, lorsqu'elle fut engagée dans une lutte à mort avec les sectaires. Il ne fut plus question de modération ni de pitié. Saint-Raymond de Pennaforte, le compilateur des Décrétâtes de Grégoire IX, qui était la plus haute autorité de son temps, pose en principe que l'hérétique doit être puni par l'excommunication et par la confiscation et, si ces mesures ne suffisent pas, par toutes les rigueurs dont dispose le bras séculier. L'homme dont la foi est douteuse doit être considéré comme un hérétique ; il en est de même du schismatique qui, tout en admettant tous les dogmes de la religion, refuse l'obéissance due à l'Église romaine. Les uns comme les autres doivent être poussés de force dans le bercail catholique et l'on rappelle, pour justifier la mise à mort des obstinés, le sort biblique de Korah, de Dathan et d'Abiram (4).

Saint:îhomas d'Âquin, dont la haute autorité semble rejeter dans l'ombre tous ses prédécesseurs, fixe, avec une précision impitoyable, les règles que voici. Les hérétiques ne doivent pas être tolérés. La charité de l'Église leur accorde deux avertissements, après quoi, s'ils s'obstinent, ils doivent être livrés au bras séculier et écartés de la société humaine par la mort. Cela même prouve la charité débordante de l'Église, ^car c'est un 23( crime bien plus grand de corrompre la foi dont dépend la vie de l'ame que d'altérer le monnayage qui sert seulement à la vie temporelle ; donc, si les faux monnayeurs sont à juste titre condamnés à mort, il y aurait encore bien plus de raison pour tuer un hérétique sitôt qu'on l'aurait convaincu de son crime.

Or, l'Église, dans sa miséricorde, est toujours prête à ouvrir

<t) S. Kaymundi Smimas lil>. i, tit. v, 2, 4, 8; tit. vï, 1. — Telle continua à être la doctrine ile l'Eglise. Zanghin> Ugdini comprend, dans son énumération des horésie*, la négligence d'observer les Décréhilrs papales, qui constitue un mépris apparent du p>;ro r des ciels (Tract. <lt> Hxret. c. u). Cet ouvrage autorisa lut imprimé à Rome en 156-* aux Irais de Pin V, avec un commentaire du cardinal t'ampegg», et fut réimprime avec des additions par Simancas en 570. Mes renvois s- rajp \\ nt a une copie du xve siècle, Conservée à la Bibliothèque Nationale, fonds latin, 1253.!

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