‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 237 sur 551 · VIOLATION DES TOMBES · texte numérisé non relu

VIOLATION DES TOMBES

ses bras à l'hérétique, même relaps un grand nombre de fois, et à lui indiquer une pénitence par laquelle il pourra mériter la vie éterr.^lle ; mais la charité envers les uns ne doit pas entraîner d'effets funestes pour les autres. Aussi, la première fois, • 'hérétique qui se repent et se rétracte sera reçu à pénitence et sa vie sera épargnée ; mais s'il retombe, bien qu'il puisse de nouveau être admis à pénitence pour le salut de son âme, il ne sera pas exempté de la peine de mort. Telle est l'expression bien nette et formelle de la politique de l'Église qui devint, en ces matières, la règle inaltérable de sa conduite (1).

L'Église ne se contentait pas d'exercer son pouvoir sur les vivants ; les morts eux-mêmes devaient sentir les effets de sa colère. Il semblait intolérable qu'un homme qui avait réussi à dissimuler son iniquité et qui était mort muni des sacrements, pût dormir son dernier sommeil dans une terre consacrée et prendre sa part aux prières des fidèles. Non seulement il avait échappé au châtiment dû à ses crimes, mais ses biens, qui auraient dû être confisqués au profit de l'Eglise et de l'État, avaient été injustement transmis à ses héritiers et devaient leur être repris. Il existait donc d'excellentes raisons pour encourager les procès posthumes. A une époque antérieure, on s'était souvent demandé, dans l'Eglise, si l'excommunication, avec les effroyables peines qu'elle entraînait dans ce monde et dans l'autre, pouvait être fulminée contre les âmes des morts. Dès l'époque de Saint-Cyprien,' la coutume d'excommunier les morts était devenue générale et, vers 382, Saint-Jean Chrysostùme avait dû s'élever contre la fréquence de ces sentences, où il voyait une ingérence indiscrète dans les jugements de Dieu) Léon 1er, en 432, adopta les vues de Saint-Jean Chrysostùme, qui furent confirmées par Gélase Ier et par un concile romain vers la fin du ve siècle. Mais la question se représenta au cinquième concile général, tenu à Constantinople en 553 : il s'agissait de savoir si l'Église pouvait lancer l'anathème contre Théodoret de Cyrus, Ibas d'Edesse et Théodore de Mopsueste, qui

(i) S. Tliom. Aquinat. Summx sec Q m, art. 3, 4

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