‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 256 sur 551 · AUSTÉRITÉ DE DOMINIQUE · texte numérisé non relu

AUSTÉRITÉ DE DOMINIQUE

minges, ainsi que les miracles qu'il aurait opérés en vain nu milieu des Cathares endurcis. Il reparait au jour de l'histoire après que la bataille de Muret eût anéanti les espérances du comte Raymond, lorsque la cause de l'orthodoxie parut triomphante et que le champ des conversions fut largement ouvert. En 4244, il était dans sa quarante-cinquième année, dans toute la force de son énergie virile, mais n'ayant encore rien fait qui pût faire présager ce qu'il allait accomplir. Dépouillés de leurs ornements surnaturels, les témoignages que nous possédons à son sujet le montrent comme un homme réfléchi, résolu, à convictions profondes et inaltérables, bouillant de zèle pour la propagation de la foi — et cependant plein de bonté et de qualités aimables. Une marque significative de l'impression qu'il produisit sur ses contemporains, c'est que presque tous les miracles qu'on lui attribue sont de nature bienfaisante — résurrection de morts, guérison de malades, conversion d'hérétiques, non par la menace de châtiments, mais en prouvant qu'il parlait 251 au nom de Dieu. Les récits relatifs à ses austérités habituelles peuvent être exagérés ; mais pour peu que l'on soit au courant des macérations volontaires de l'hagiologie, on n'hésitera pas à admettre que Dominique ait été aussi sévère pour lui-même que pour les autres. Cela n'oblige- pas de croire, comme le veut la légende, que le saint homme, encore enfant, tombât sans cesse de son lit, parce qu'il préférait, dans son ascétisme prématuré, la mortification d'un lit de planches dures au luxe d'une couche moelleuse. Nous ne voyons d'ailleurs qu'une exagération innocente de la vérité dans le tableau qu'on nous fait de ses flagellations incessantes, de ses veilles infatigables, dont il se délassait, quand la nature l'exigeait impérieusement, sur une planche ou dans le coin d'une église, où il avait passé la nuit en oraison — de ses prières presque ininterrompues, de ses jeûnes surhumains. Il y a sans doute aussi beaucoup de vrai dans les légendes qui célèbrent sa charité sans bornes et son amour pour le prochain; encore étudiant, au moment d'une disette, il aurait vendu ses livres pour soulager les misères qui l'entouraient ; si Dieu ne l'en avait détourné, il se serait vendu

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