‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 262 sur 551 · APPROBATION DE LA RÈGLE · texte numérisé non relu

APPROBATION DE LA RÈGLE

François obéit à la volonté de Dieu et accepta la recrue qu'il lui envoyait. D'autres vinrent se joindre à eux et le petit groupe finit par se composer de huit personnes. Alors François annonça que le moment était venu pour eux d'évangéliser le monde et il les dispersa par couples vers les quatre points de l'horizon. Quand ils se réunirent de nouveau, quatre autres volontaires vinrent faire adhésion; François rédigea aussitôt une règle pour leur gouverne et les Douze, suivant la légende franciscaine, se rendirent à Rome, à l'époque du concile de Latran, pour obtenir la confirmation pontificale. Lorsque François se présenta au pape sous l'aspect d'un mendiant, le Pontife, indigné, ordonna qu'on le mît dehors; mais, pendant la nuit, il eut une vision, qui lui enjoignit de faire revenir le mendiant. Les conseillers du 258 pape étaient fort divisés, mais l'éloquence et la gravité de François l'emportèrent; la Règle fut approuvée et les Frères furent autorisés à aller prêcher la parole de Dieu. (1).

Les Frères hésitaient encore : devaient-ils s'abandonner à la vie contemplative des anachorètes, ou se jeter à corps perdu dans l'œuvre immense d'évangélisation qui s'offrait à eux? Ils se retirèrent à Spolète et tinrent longuement conseil sans pouvoir aboutir à une conclusion. Enfin, une révélation divine mit fin à leursdoutes et l'Ordre franciscain, au lieu de se disséminer pour mourir dans quelques ermitages isolés, devint une des organisations les plus puissantes de la Chrétienté. Cependant la cabane délaissée où ils s'abritèrent lors de leur retour à Assise ne présageait guère leur future splendeur. Un fait permet de mesurer la rapidité de la croissance de l'Ordre : lorsque François convoqua le premier chapitre général, en 1221, le nombre des Frères assistants fut estimé de trois à cinq mille, comprenant un cardinal et plusieurs évêques; et lorsque, au

(i) S.Bonavent. c. n,ni. Ce récit a sans doute été embelli par la connaissance des résultats obtenus plus tard et adapté inconsciemment aux étapes successives d'une organisation religieuse qui se dessina progressivement. A l'origine, il n'était nullement entendu que les Frères dussent abandonner leurs occupations ordinaires. On leur demandait de travailler à leur métier, de gagner leur vie et de ne vivre d'aumônes qu'en cas d'urgente nécessite. Voir la première Règle telle qu'ellea été reconstituée par le prof. Karl Miiller, Die Anfaenge des Minoritenordens, Fr bourg en Brisgau, \ 885, p. 186

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