LES MINORITES 2U
chapitre général de 1260, sous Bonaventure, on procéda à une nouvelle répartition de l'Ordre, il fut divisé en trente-trois provinces et trois vicariats, comprenant errtout cent quatre-vingtdeux custodies. Cette organisation peut être comprise par l'exemple de l'Angleterre, qui formait une province divisée en sept custodies, comprenant, en 1256, quarante-neuf maisons avec 1242 Frères. A cette époque, l'Ordre avait pénétré jusque dans dans les recoins les plus écartés de ce que l'on appelait alors le monde civilisé et même dans les régions circonvoisines (1).
Les Minorités ou frères mineurs, comme ils s'appelaient eux- ; mêmes par humilité, différaient tellement, à leurs débuts, de 259 toute organisation existante dans l'Eglise, que les premiers disciples envoyés par Saint-François en Allemagne et en Hongrie furent considérés comme des hérétiques, maltraités et expulsés. En France, on les prit pour des Cathares, parce que leur austérité rappel ait celle des Parfaits. On leur demanda s'ils n'étaient pas des Albigeois et ils ne surent que répondre, ignorant ce que signifiait ce mot ; on ne cessa de les tenir en suspicion que lorsque les autorités ecclésiastiques eussent consulté le pape Honorius III. En Espagne, cinq de ces Minorités subirent le martyre. Innocent n'avait donné à leur Règle qu'une approbation verbale ; il était mort et il fallait quelque chose de plus positif pour préserver les Frères de la persécution. François rédigea, en conséquence, une seconde Règle, plus concise et moins rigide que la première, et la soumit à Honorius, Le pape l'approuva, non sans formuler quelques objections sur certains articles ; mais François refusa de les modifier, disant qu'ils n'étaient pas de lui, mais de Jésus, et que les paroles de Jésus ne pouvaient être altérées. Les disciples conclurent de là que leur Règle avait été l'objet d'une révélation divine. Cette croyance passa dans la tradition de l'Ordre et la Règle s'est maintenue depuis saos changement dans la lettre, bien que, comme nous
(1) Bonavent. Vit. Franc, c. îv, n° 10. — F rat. Jordan i Chron. (Anal. Franciscana 1,6. Qu.tracchi, 1885). — Waddingi Annal. Minor«m, ann. 1260, n° 14.— Th. de Eccleston, de Adcentu Minorifn, collât 2.