‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 264 sur 551 · VOEU DE PAUVRETÉ · texte numérisé non relu

VOEU DE PAUVRETÉ

le verrons plus loin, l'esprit en ait été plus d'une fois modifié par l'ingéniosité des casuistes pontificaux (1).

Cette Règle est très simple; ce n'est, à la vérité, qu'un court commentaire du serment que prêtait chaque Frère de vivre conformément à l'Évangile dans l'obéissance, la chasteté et la pauvreté. Celui qui désirait se faire admettre dans l'Ordre devait commencer par vendre tous ses biens et les distribuer aux pauvres; si cela était impossible, la volonté de le faire suffisait. Chacun pouvait posséder deux frocs, mais ils devaient être d'une étoffe grossière et il fallait les recoudre et les repriser aussi longtemps que possible. Les chaussures étaient permises à ceux qui ne pouvaient absolument pas s'en passer. Tous devaient voyager à pied, sauf en cas de maladie ou de nécessité. Nul ne devait recevoir de monnaie, ni directement ni par un tiers ; 250 seuls les ministres (nom que l'on donnait aux supérieurs provinciaux) pouvaient accepter de l'argent en vue de soigner les malades et d'acheter des vêtements, en particulier dans les climats rigoureux. Le travail était sévèrement recommandé à tous ceux qui en étaient capables ; la rémunération ne devait pas consister en argent, mais en objets nécessaires aux travailleurs et à leurs frères. La clause exigeant la pauvreté absolue eut pour effet, comme nous le verrons, un schisme dans l'Ordre et mérite, par suite, d'être reproduite textuellement : « Les Frères ne posséderont rien en propre, ni maisons, ni terrains, ni .aucune autre chose, mais ils vivront dans le monde en étrangers et en pèlerins, demandant avec confiance l'aumône. En cela ils n'éprouveront pas de honte, car le Seigneur s'est fait pauvre dans le monde pour nous. C'est cette perfection de pauvreté qui a fait de vous, très chers Frères, les héritiers et les rois du royaume céleste. Possédant cela, vous ne devez rien désirer d'autre sous le ciel, » Le chef de l'Ordre ou Ministre Généra] était élu par les Ministres Provinciaux, qui pouvaient aussi le

(I) Fiat JorJani Chrnn. {Anal Francise, i, 3). — S. Francise. Cotlnq. ix. — L;l). Cont'ormitatum, li!>. i, Fruch 0 (éd. 1513, fol. 77, «). — Potthast, 7? <j . ii° 7.08.

Les dates Cl los détails dos Règles succoss'Vfs ré ligées par Fnnçois S'vni très obs-urs. La question a ete rès habilement discutée par Karl M fil 1er, o,>. cit.

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