‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 267 sur 551 · LE « LIVRE DES CONFORMITÉS · texte numérisé non relu

LE « LIVRE DES CONFORMITÉS

que l'on raconte sur lui et sur ses disciples immédiats débordent véritablement de tendresse et d'abnégation; on y constate partout la perfection de l'humilité et de la patience, la maîtrise des passions, une tendance infatigable à réprimer tout ce qui fait l'imperfection de la nature humaine et à réaliser le modèle que le Christ a donné pour le gouvernement intérieur de l'homme. Envisagé sous cet aspect, il n'est point jusqu'aux quasi-blasphèmes du « Livre des Conformités du Christ et de François » qui ne perdent leur caractère d'outrance presque grotesque. Assurément, nous pouvons sourire de l'absurdité de quelquesuns des parallèles que ce livre énonce, et ils peuvent paraître singulièrement choquants lorsqu'ils sont présentés, dépouillés de tout ce qui les atténue, dans 1' « Alcoran des Cordeliers ». Nous pouvons mettre en doute l'authenticité des Stigmates, qu'il a fallu tant de miracles et tant de bulles papales pour imposer à l'incrédulité d'une génération endurcie. Nous pouvons penser que Satan s'est montré moins malin qu'à son ordinaire en s'obstinant sans espoir à tenter ou à terrifier le Saint sous la forme d'un lion ou d'un dragon. Et pourtant, malgré les criantes absurdités du culte de Saint-François, nous reconnaissons l'impression profonde que ses vertus firent sur ses disciples, jusque dans le récit de la vision où le trône céleste de Lucifer, voisin de celui du Très-Haut, parut vide... et réservé à François (1).

A l'orgueil et à la cruauté de son époque, il opposa l'humilité et la patience. « La perfection du contentement, disait-il, consiste non à opérer des miracles, à guérir les malades, à expulser les démons, à ressusciter les morts; elle n'est pas davantage 263

(i) Bonavent. \ it. Francis, c. 8. — Lib. Conformitafum lib. 1. Fruct. 1, fol. 13 a; lib. m Fruct. 3, fol. 210 a. — Thomœ de Eccleston, de Advenfu Miiiotum, Collât! xii.— Alex. PP. iv, Bull. Quialmgum, ann. 1259. - Wadding. ann. 1256, n° 19. — Mag Bail. Roman, i, 79, 103. — Potthast, Req. 10308. — Voir aussi l'éloquent tribut rendu par M. J. S. Brewer aux Franciscains dans sa préface aux Monumenta Franciscana.

En 1496, l'Université de Paris condamna comme scandaleuses et empreintes d'hé résie les tentatives des Franciscains pour assimiler leur pairon à Jésus (D'Argentré, Coll. Judic. denov. Error. i, n, 318).

Lorsque les Dominicains réclamèrent pour Sle Catherine de Sienne l'honneur des Stigma^, Sixte IV, en 1475, publia une bulle défendant qu'on la représentât ainsi, les Stigmates étant réservés à S. François (Martène, Amplis ç. Coll. vi, 13c6). Ils n'avaient pas encore p** vulgarisés par La n«*K*r« et Louise Lateau!

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