‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 277 sur 551 · DÉC ORDRES A ORLEANS · texte numérisé non relu

DÉC ORDRES A ORLEANS

abandonnaient leurs troupeaux, les laboureurs leurs charrues, -sourds aux ordres de leurs seigneurs, et se précipitaient sans armes à la suite du Hongrois, ne songeant pas au lendemain ■et ne se demandant pas qui les nourrirait.

Il ne manqua pas d'hommes, occupant des situations élevées, qui, emportés par l'enthousiasme général, s'imaginèrent que Dieu allait opérer des miracles en faveur des pauvres et des opprimés, puisque les grands de la terre n'avaient pas réussi à les secourir. La Reine Blanche elle-même, heureuse de tout espoir de sauver son fils captif, fut quelque temps favorable au mouvement. Il s'accrut et se généralisa au point que les troupes vagabondes finirent par compter plus de cent mille hommes, portant cinquante bannières comme emblèmes de prochaines victoires. Naturellement, un pareil soulèvement n'appelait pas seulement à lui les pacifiques et les humbles. Aussitôt qu'il eut pris des proportions assurant l'immunité à ceux qui y par. ticipaient, il attira inévitablement tous les éléments de désordre qui s'agitaient dans la société de cette époque — ces ruptarii et cesribaldi qui avaient joué un si grand rôle dans les guerres albigeoises. Ils accoururent de toutes parts, apportant des couteaux et des poignards, des sabres et des haches, imprimant à cette procession immense un aspect plus menaçant encore. On admettra sans peine que des violences furent commises, car les torts des classes supérieures envers les autres étaient alors trop criants pour ne pas appeler, en temps de trouble, de sanglantes représailles.

Le 41 juin 1251, ce troupeau humain pénétra dans Orléans, malgré l'opposition de l'évêque, mais à la satisfaction du peuple, 271 bien que les riches citoyens se fussent prudemment renfermés dans leurs demeures. Tout aurait pu se passer paisiblement sans un étudiant à tête chaude de l'Université, qui interrompit la prédication du Hongrois pour le traiter d'imposteur et fut aussitôt assommé par un des assistants. Un tumulte s'ensuivit, au cours duquel les Pastoureaux se tournèrent avec rage contre le clergé d'Orléans, forçant les maisons des clercs, brûlant leurs livres, en tuant un grand nombre, en noyant d'autres dans la

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