‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 286 sur 551 · CONCURRENCE AU CLERGÉ · texte numérisé non relu

CONCURRENCE AU CLERGÉ

280 Ce qui aggravait encore les causes de conflit, c'est que partout les laïques faisaient le meilleur accueil aux intrus et les préféraient à leurs curés. La ferveur de leur prédication et leur réputation de sainteté attiraient la foule au sermon et au confessionnal. L'expérience faisait d'eux des directeurs de conscience infiniment plus habiles que les membres indolents du clergé rival et le peuple se prit à croire que les pénitences imposées par eux étaient plus saintes, que l'absolution sortie de leur bouche était plus efficace. Le clergé prétendait qu'ils devaient ce succès à leur indulgence ; à quoi les moines répondaient, non sans raison, que les laïques les préféraient, tant pour eux que pour leurs femmes, à la généralité des prêtres ivrognes et débauchés qui occupaient les paroisses

Un Frère arrivait dans une localité et y dressait pour un jour son autel portatif. Sa prédication était attrayante ; les pénitents s'empressaient autour du confessionnal ; alors il prolongeait son séjour et parfois même s'établissait à demeure. Si l'endroit était peuplé, d'autres moines venaient rejoindre le premier. Les dons des âmes charitables commençaient à affluer. On construisait une modeste chapelle, puis un cloître, enfin tout un ensemble d'édifices qui éclipsaient l'église paroissiale et se remplissaient de fidèles à ses dépens. Bien plus, les malades prenaient le froc des Mendiants sur leur lit de mort, léguaient leur corps aux Frères et les faisaient bénéficier de leurs legs; d'où des querelles nouvelles et de plus en plus envenimées, qui faisaient songer à des disputes de vampires sur des cadavres. En 1247, à Pampelune, plusieurs corps restèrent longtemps sans sépulture à cause d'une dispute très vive entre les chanoines et les Franciscains. On s'accorda à partager les dépouilles, les prêtres de la paroisse devant en recevoir des portions variant entre la moitié et le quart ; mais cet arrangement m 'nie donna lieu à des contestations nouvelles. Toutes les fois qu'il se produisait un conflit ouvert, le pape, bien que désireux d'éviler le scandale, décidait presque toujours en faveur des moines cl le clergé assistait, avec un mélange d'effroi < t de conv. à la dépossession progressive dont il élait la vûtiine. Kn ltf>^\ un

Page 1