‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 316 sur 551 · RÔLE DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

RÔLE DES ÉVÊQUES

reux se rétracta, fut soumis à l'épreuve de l'eau, qui lui fut défavorable, puis fouetté publiquement et exilé, bien que le peuple réclamât à grands cris qu'on le brûlât à son tour. En 1114, l'évequc de Reims, ayant convaincu quelques hérétiques par l'épreuve de l'eau, alla consulter le concile de Beauvais au sujet de la peine à infliger; en son absence, le peuple, craignant l'indulgence des évêques, força la prison et brûla les captifs (1). Ce n'est pas que l'Église ait été entièrement dépourvue d'une organisation propre à assurer cette répression de l'hérésie qu'elle comptait au nombre de ses devoirs. Aux débuts de la renaissance Carolingienne, les instructions du pape Zacharie à saint Boniface montrent que la seule procédure admise, à cette époque, consistait à convoquer un concile et à envoyer le coupable à Rome pour y être définitivement jugé. La politique civilisatrice de Charlemagne mit en œuvre tous les instruments jugés aptes au maintien de l'ordre et de la sécurité dans l'Empire • dans son système de gouvernement, les évèques prirent une place importante. On leur ordonna de prohiber rigoureusement, de concert avec les fonctionnaires séculiers, toutes les pratiques superstitieuses et survivances du paganisme, de parcourir sans cesse leurs diocèses en procédant à des enquêtes sur tous les crimes détestés de Dieu ; ainsi se concentra, entre leurs mains, une part considérable de la juridiction, bien qu'ils restassent toujours, à cet égard, dans la dépendance de l'État. Pendant 309 les troubles qui suivirent l'émiettement de l'Empire, alors que le système féodal se développait sur les ruines de la Monarchie, les évêques se débarrassèrent peu à peu de toute dépendance à l'égard de la Couronne et, en outre, acquirent des droits et des pouvoirs étendus dans l'administration du droit canonique, jugé, dès lors, supérieur à la loi civile ou municipale. Ainsi se constituèrent les tribunaux spirituels qui se rattachaient à chaque évêché et exerçaient une juridiction exclusive dans un domaine qui s'élargissait sans cesse. Naturellement, les erreurs

(1) Martène Ampl. Coll. 1, 77.0-8. — Alex. PP. III. Epist. 118, 122; Varior. ad Alex. III. Epist. 16. — Mist. Vizeliacens. lib. iv. — Guibert. Noviogcnt. I. c.

Page 1