‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 321 sur 551 · INFLUENCE DES LÉGATS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES LÉGATS

n'y a pas trace que cet ordre ait été suivi. Cependant, à lïnsfigation du légat et de Foulques de Toulouse, le concile' lui-même devint un tribunal d'Inquisition. On découvrit un Parfait Cathare, Guillem de Solier, qui, s'étant converti, fut rétabli dans ses droits afin qu'il pût porter témoignage contre ses ancien, frères; de son côté, l'évêque Foulques manifestait son zèle en recherchant partout d'autres témoins. Tons les évèques présentstravaillèrent à les interroger et envoyèrent ensuite à Foulques les témoignages mis par écrit; de la sorte, nous dit-on une énorme besogne fut accomplie en très peu de temps. On s'aperçut que les hérétiques s'étaient mutuellement promis le secret et qu'il était à peu près impossible de rien tirer d'eux; mais quelques-uns des plus timorés prirent les devants et vinrent se confesser; alors, pour obtenir la réconciliation, ils durent, suivant les règles en vigueur, raconter tout ce qu'ils savaient au sujet d'autres hérétiques. On réunit ainsi de très nombreux témoignages, que le légat entreprit d'examiner en vue de statuer sur le sort des accusés; emportant le dossier, il quitta Toulouse pour Montpellier. Un petit nombre des (lélinquants 1rs plus courageux essayèrent de se défendre juridiquement et demandèrent à connaître les noms des témoins: à cei effel ils poursuivirent même le légat jusqu'à Montpellier. Mais celui-rL alléguant que l'on voulait mettre à mort les dénonciateurs. 317 éluda habilement la réclamation des accusés en leur présentant une liste globale de tous les témoins, de sorte que les malheureux furent obligés de se sommettre sans défense. Ensuite le légat alla tenir un autre concile a Orange et. de là. envoya à Foulques les sentences, qui furent communiquées aux accuses réunis à cet effet dans l'église de saint-Jacques. Tous les dossiers de l'Inquisition furent transférés à Rome par le légat, «le peur qu'ils ne tombassent entre les mains de gens vindicatifs et ne donnassent lieu à des violences contre les témoins. En fait, beaucoup de témoins, sur lesquels ne portaient que des soupçons, furent assassinés peu de temps après 1

(!) Potthast, n° 7200. — Concil. Tôlosan. ann. 122'). c. 1 2 - Guill de Pnd Laur. c. 40. - Guill. Pelisso, Chron. é.l. Molinier, p. 10. ° *

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