‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 323 sur 551 · NÉCESSITÉ DES ENQUÊTES · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DES ENQUÊTES

aussi lointain que jamais. Évêque et légat étaient l'un et autre incapables de découvrir les hérétiques qui se couvraient du manteau de l'orthodoxie; et quand, par hasard, un nid d'hérétiques venait à être révélé, l'Ordinaire n'avait, en général, ni assez de savoir, ni assez d'adresse pour arracher une confession à ceux qui se prétendaient entièrement d'accord avec les enseignements de Rome. En l'absence d'actes d'hostilité envers l'Église, il était bien difficile d'atteindre les secrètes pensées des sectaires. A cet effet, il fallait des gens spécialement dressés, dont l'iuYestigation des consciences fût l'unique besogne. Comme cette nécessité devenait de plus en plus manifeste, deux nouveaux facteurs contribuèrent à la solution d'un problème longtemps

agité.

Le premier de ces facteurs nouveaux fut l'organisation des Ordres Mendiants, particulièrement aptes cà un travail dont les cours épiscopales n'étaient plus capables. L'institution de ces Ordres parut l'effet d'une intervention de la Providence, désireuse de fournir à l'Église du Christ l'instrument qui lui faisait le plus défaut. Une fois la nécessité reconnue de tribunaux spéciaux et permanents, exclusivement destinés à la répression de l'hérésie, il semblait naturel qu'ils fussent complètement soustraits à l'influence des jalousies et des inimitiés locales, qui pouvaient tendre à la perte de l'innocent, ou a celle du favoritisme local, qui pouvait s'exercer pour la protection des coupables. Si, par surcroît, les enquêteurs et les juges étaient des hommes spécialement formés en vue de la découverte et de la conversion des hérétiques; s'ils avaient, par des vœux irrévocables, renoncé au monde; si, enfin, ils ne pouvaient s'enrichir et étaient insensibles aux appâts des plaisirs mondains, toute garantie paraissait offerte pour l'accomplissement équitable et rigoureux de leurs devoirs. D'une part, en effet, la pureté de la fol devait être sauvegardée; de l'autre, on pouvait croire qu'il n'y aur ait pas d'oppression ni de cruautés inutiles, dictées par des intérêts privés ou des vengeances personnelles. L'immense popularité des moines leur assurait, de la part des populations, un concours autrement empressé que celui auquel pouvaient s'at-

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