‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 325 sur 551 · STATUTS DE MILAN · texte numérisé non relu

STATUTS DE MILAN

rétiques seraient hors la loi; en 1228, Jayme 1er d'Aragon suivit cet exemple — preuve qu'il s'agissait bien d'une innovation. D'autre part, les statuts de Pignerol en 1220 se contentent d'infliger une amende de dix sols à quiconque héberge sciemment un Vaudois. Louis VIII de France, peu de jours avant sa mort, promulgua une ordonnance qui punissait le même crime de la confiscation et de la privation de tous les droits, en même temps que les officiers royaux recevaient l'ordre de punir immédiatement tous ceux qui seraient convaincus d'hérésie. Les statuts en vigueur à Florence en 1227 portaient que Févêque devait agir d'accord avec le podestat dans toutes les poursuites pour hérésie, ce qui limitait sérieusement l'autonomie des cours épiscopales. En 1228, de nouvelles lois furent adoptées à Milan, sur les instances du légat du pape Goffredo; tous les hérétiques devaient être bannis du territoire de la République, leurs maisons abattues, leurs biens confisqués, leurs personnes mises hors la loi; des amendes plus ou moins fortes étaient imposées à ceux qui leur donneraient asile. Une Inquisition miséculière, mi-ecclésiastique, était instituée pour la recherche des hérétiques, qui devaient être interrogés et jugés par l'archevêque et le podestat; ce dernier était tenu de mettre à mort dans les dix jours tous ceux qui auraient été convaincus d'hérésie. En Allemagne, il fallut encore, en 1231, une décision d'Henri VII pour déterminer la destination des biens confisqués sur les hérétiques ; des domaines allodiaux purent être transmis à leurs héritiers — en contradiction, comme nous le verrons, avec toute la législation subséquente (1).

Pour mettre en mouvement un système compréhensif de persécution, il était évidemment nécessaire de vaincre la tendance centrifuge de la législation médiévale, qui trouve son expression la plus complète dans la libre Navarre, où chaque ville de quelque importance avait son fuero spécial, où presque

(1) Lami, Antichità Toscane, p 434, 504, 524. — Muratori Antiq. Ital. Diss. lx (t. xn, p. 447). — D'Achcry, Spidl. m 588, 598. — Charvaz, Origine Jei Valdesi, Torin'o, 1838, app. n° xxn. — Isambert, Ane. Loix Franc, i. 223. — Corio, Hist. Milanese, aun. 1228-9. - Hist. Diplom. Frid. n. t. ni, p" 446.

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