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SES PRÉTENTIONS

hautes fonctions, le talent et l'énergie trouvaient aussi leur récompense en dépit de l'humilité de l'origine. Les papes Urbain II et Adrien IV étaient de naissance très obscure ; Alexandre V avait été mendiant; Grégoire VII était le fils d'un charpentier, Benoît XII d'un boulanger, Nicolas V d'un pauvre médecin, Sixte IV d'un paysan, Urbain IV et Jean XXII de savetiers, Benoît XI et Sixte V de bergers. En fait, les annales de la hiérarchie ecclésiastique sont remplies de noms de personnages qui, partis des rangs les plus humbles de la société, se sont élevés aux situations les plus hautes.

Ainsi l'Église se rajeunissait sans cesse par l'afflux d'un sang nouveau. Alors que les couronnes et les sceptres devenaient souvent le partage d'hommes incapables, faibles et dégénérés, l'Église enrôlait à son service l'inépuisable trésor de vigueur de ceux auxquels aucune autre sphère d'activité n'était ouverte. Le caractère du sacerdoce était indélébile; les vœux que le prêtre avait prononcés étaient perpétuels; le moine, une fois admis dans un cloître, ne pouvait abandonner son Ordre que pour entrer dans un Ordre plus sévère. Ainsi l'Église militante était comme une armée campée sur la terre chrétienne, avec des avant-postes partout, soumise à la discipline la plus efficace, combattant pour le même idéal, chaque soldat étant comme cuirassé d'inviolabilité et muni des armes redoutables qui frappaient non les corps, mais les âmes. Que ne pouvait faire, que ne pouvait oser le général en chef d'une telle armée, dont les ordres étaient accueillis comme des oracles de Dieu, depuis le Portugal jusqu'en Palestine, de Sicile en Islande?

« Les princes, dit Jean de Salisbury, tiennent leur pouvoir de l'Église et sont les serviteurs du sacerdoce. »

« Le dernier des prêtres vaut mieux qu aucun roi », s'écrie Honorius d'Autun; « princes et peuples sont sujets du clergé, dont l'éclat dépasse le leur comme l'éclat du soleil l'emporte sur celui de la lune. » Le pape Innocent III déclarait, à son tour, que le pouvoir sacerdotal était supérieur au pouvoir séculier comme l'âme d'un homme l'est à son corps, et il résumait la haute estime où il tenait sa propre dignité en se proclamant

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